#MyNextRead, campagne mondiale des libraires pour la liberté de lire

Antoine Oury - 21.01.2015

Edition - Librairies - libraires Europe monde - #MyNextRead campagne - réseaux sociaux EIBF


Libraires de tous pays, unissez-vous : la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF) a dévoilé aujourd'hui sa campagne mondiale, fortement orientée Europe, pour sensibiliser les politiques à ses différents objectifs. L'aide des consommateurs est vivement attendue, dans une campagne virale qui cherche à concrétiser le lobbying de l'organisation. 


Lancement de la campagne #MyNextRead par la Fédération européenne et internationale des libraires

Julie Belgrado (EIBF), Sophie Saint-Marc (ALIRE), François Dubruille (EIBF), Éric Hardin (ALIRE), Guillaume Husson (SLF), Jean-Luc Treutenaere (SDLC)

 

 

Révélée en avant-première, lors de la Foire de Francfort les éléments de la campagne #MyNextRead se sont précisés : en octobre dernier, l'EIBF dévoilait une charte du livre, destinée à défendre certains principes comme « des droits et des devoirs égaux à tous les détaillants », une TVA réduite pour les livres numériques et les livres papier, ou encore l'interopérabilité des formats.

 

La campagne, axée réseaux sociaux, se veut toutefois plus généraliste : les libraires sont invités à la promouvoir auprès des consommateurs, « la grande force de la librairie ». Le hashtag #MyNextRead permettra à chacun de partager ses lectures, le tout pour appuyer les revendications de l'EIBF auprès de la Commission européenne.

 

Des séries de marque-pages ont été imprimées, des badges créés, et des versions personnalisées sont à la disposition des libraires, qui pourront les commander auprès de l'EIBF : le modèle sera gratuit, mais l'impressionne au frais du commerçant. Le gros de la campagne se déroulera sur Internet, pour assurer économie et efficacité, mais les commerçants sont invités à s'en emparer, au sein de leur communication propre, au plus vite. 

 

 

 

Si l'EIBF est mondiale, la campagne se tourne essentiellement vers l'Europe : « La campagne servira avant tout à défendre nos intérêts auprès de la Commission, même si nos collègues américains sont vivement invités à s'en emparer pour les défendre auprès du Congrès. Nous voulons créer un effet d'entraînement auprès de tous les libraires », explique Françoise Dubruille, directrice de la Fédération.

 

Pour Noël, la chaîne de librairies Osiander a proposé à ses clients d'échanger des Kindle d'occasion contre des Pocketbook tout neufs, dotés d'un système ouvert. Un bon moyen de « concrétiser » l'interopérabilité, mais l'EIBF a préféré privilégier le faible coût des opérations. « Nous sommes sur une communication différente, avec une implication économique moindre », explique Jean-Luc Treutenaere, coprésident de l'EIBF et directeur du SDLC, syndicat des distributeurs de loisirs culturels. « C'est à chaque libraire de définir sa politique de communication. »

 

Pour l'occasion, même le Patron se lance 

 


 

 

 

Le Syndicat de la Librairie française relaiera l'opération auprès de ses membres, et la Fnac était représentée pendant cette présentation de la campagne, sans dévoiler si elle y prendra part ou non. En décembre 2011, l'enseigne culturelle avait quitté le SDLC, et choisit de missionner son propre lobbyiste auprès de la Commission européenne.

 

Si la Fédération européenne des éditeurs soutient la campagne des libraires, elle ne s'impliquera, entendu que celle-ci s'adresse avant tout aux consommateurs.

 

#MyNextRead se tourne donc vers les consommateurs, par l'entremise des libraires, mais la charte du livre défendait également le rôle des bibliothèques dans la mise à disposition du livre au public. « Nous n'avons pas des objectifs antinomiques, et ils se retrouvent d'ailleurs dans le manifeste du livre, signé par les éditeurs et les auteurs », précise Françoise Dubruille.

 

La députée du Calvados Isabelle Attard a proposé, en décembre dernier, un amendement qui imposerait une TVA à 20 % pour les environnements propriétaires, et 5,5 % pour les ouvrages interopérables en format ouvert. « J'ai un peu peur que ce soit une usine à gaz », souligne Jean-Luc Treutenaere. « Il ne faut pas que le consommateur soit otage d'une décision qu'il a parfois prise pas vraiment en connaissance de cause. Le travail que nous devons faire, c'est de faire en sorte que l'obligation administrative rejoigne l'usage : il faudrait que l'interopérabilité devienne une norme. »

 

Un rendez-vous est prévu avec un conseiller de la ministre Fleur Pellerin début février, pour évoquer les sujets soulevés pour cette campagne.

 

 

  #MyNextRead, campagne des libraires européens by ActuaLitté