Les libraires du Canada pénalisés face aux Etats-Unis

Clément Solym - 15.02.2012

Edition - Librairies - Association des libraires Canadiense - Etats-Unis - Régulations


Au Canada, le prix des livres est particulièrement élevé, ce qui commence sérieusement à agacer les libraires. Des représentants de l'industrie s'en sont plaints au comité sénatorial mardi dernier, accusant de vieilles régulations d'aide aux maisons d'éditions américaines d'être responsables de la situation.

 

Ces régulations existent depuis 1999, période durant laquelle le dollar canadien était beaucoup plus faible que le dollar américain, elles avaient pour but de compenser les frais d'expédition et de distribution des maisons d'édition américaines vers le Canada, au marché plus réduit.

 

 

Elles permettent ainsi aux importateurs de taxer lourdement les libraires sur le prix du livre établi dans le pays d'origine, sur la différence du taux de change, auxquelles viennent s'ajouter 10 à 15 % de taxes additionnelles selon le pays d'origine.

 

« Nos membres, qui dirigent, possèdent et gèrent des entreprises locales des communautés de notre grand pays, sont fatigués d'être les apologistes d'une politique sur laquelle aucun d'entre eux n'a de contrôle… Les livres sont souvent jetés à la face des libraires », s'énerve Mark Lefebvre, le président de l'Association des libraires canadiens.

 

« Les librairies universitaires du Canada jugent cela comme un impôt privé établi par une politique publique », commente auprès de la CBC Chris Tabor, libraire à l'université de Kingston en Ontario, ajoutant que cet argent quitte le pays sans aider les créateurs canadiens.

 

Le gouvernement canadien réfléchit actuellement à rééquilibrer les différences de prix entre le Canada et les États-Unis, concernant les biens de consommation, alors que les produits manufacturés sont déjà exempts de tarifs douaniers.  

 

Le numérique à Québec

 

Côté Québec, n'oublions pas que la situation est identique, mais cette fois, pour ce qui est de la vente de livres numériques, qui sont surtaxés, contrairement à leurs homologues de papier. Le directeur de la Fédération des contribuables canadiens, Gregory Thomas, explique n'avoir jamais compris pourquoi les livres papier restaient exempts de la taxe en vigueur, qui s'appliquat alors uniquement aux ebooks.  Il évoque ainsi « des inégalités ridicules dans les structures fiscales du gouvernement ». (voir notre actualitté