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Les libraires du Portugal redoutent le pire, si l'État n'intervient pas

Nicolas Gary - 22.08.2018

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Pour résister, les librairies indépendantes du Portugal ont choisi de s’unir. Avec un point critique soulevé : « La fin des librairies peut arriver si l’État n’intervient pas. » En créant un groupement, ces derniers souhaitent avant tout se protéger des illégalités constatées, et tout miser sur la diversité qu’ils incarnent.


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Wagner Innocencio Cardoso, CC BY 2.0
 

 

Derrière le mouvement ainsi créé, trois libraires, décidés à faire face aux grandes chaînes qui grignotent progressivement le marché : Bertrand, FNAC et le Grupo Sonae sont actuellement les dangers les plus identifiés dans le commerce physique. Car bien entendu, les ventes de livres sur internet comptent comme une concurrence supplémentaire.

 

Livreiros de Lisboa, Aveiro et Sines ont choisi le regroupement, et sont ouverts à ce que d’autres les rejoignent, bien entendu. Leur premier constat est simple : en dépit de la législation qui instaure un prix fixe, et des remises plafonnées, le métier de libraire est mal protégé. Et de sous-entendre que les grandes chaînes pratiqueraient une forme de dumping contre lequel les indépendants ne peuvent pas rivaliser. 

 

Du reste, les difficultés évoquées par les trois libraires rejoignent les problématiques largement pointées par leurs confrères à travers le monde. Le coût des loyers, évidemment, les évolutions sociales, les comportements d’achats – et plus encore, les divertissements technologiques qui gagnent de la place. 

 

L'absence de réponse de l'État
 

Vítor Rodrigues, qui travaille à Lisbonne, estime d’ailleurs que toutes ces choses « poussent les gens à s’éloigner du livre en tant qu’objet de transmission de connaissances ». Et il n’y a pas d’autres solutions que l’intervention de l’État : avec des oligopoles établis, qui tendent vers le monopole, seuls les pouvoirs publics peuvent inverser la tendance et protéger les libraires contre les actuels déséquilibres que connaît le marché.

 

Or, témoigne Francisco Vaz da Silva, l’administration n’est que peu réceptive pour l’heure, bien au contraire. Il raconte comment la dernière fois qu’il a présenté une plainte pour violation du prix fixe du livre, c’est une inspection de sa propre librairie qui s’en est suivie, puis une seconde peu après. 

 

Avec des rabais de 20 à 50 % que les chaînes peuvent mettre en place, la concurrence est inimaginable. La loi stipule bien que la librairie ne peut procéder qu’à 25 jours par ans de remise, mais les chaînes ne semblent pas le moins du monde respecter ce critère légal. 

 

Même la Sociedade Portuguesa de Autores est intervenue auprès du gouvernement, en janvier dernier, pour obtenir un soutien urgent aux librairies. Et de citer la France, qui a, elle, mis en place « un plan ambitieux pour soutenir les librairies indépendantes ». La SPA évoque également une émission à la télévision, qui réalise de façon hebdomadaire des entretiens avec un libraire, et interviewe des auteurs... Parle-t-on là de La Grande Librairie sur France 5 ?

 

En attendant, le métier s’inquiète, et devant le mutisme de l’État se demande comment tout cela va finir...


via Publico




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