Les libraires jouent collectif : internet n'appartient pas à Amazon

Clément Solym - 14.12.2018

Edition - Librairies - libraires vente Amazon - internet commander livres - librairies internet alternative


Après la diffusion du documentaire « L’irrésistible ascension d’Amazon », réalisé par David Carr-Brown sur Arte mardi 11 décembre, les libraires indépendants ont voulu rappeler aux lecteurs que passer par ce site n’est pas une fatalité. D’autres solutions permettent de conserver un gain de temps, la simplicité de la commande en ligne, tout en soutenant la librairie indépendante. 

Amazon on Mars (The Economist, 21-27 juin 2014)
ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Dans son enquête/reportage, le réalisateur décrit le fonctionnement du géant de la vente en ligne, mais surtout les conséquences de son ambition dévorante : refus de payer l’impôt, conditions de travail désastreuses, destruction des économies locales, etc. (à retrouver ici en intégralité)
 



En réaction, les libraires se mobilisent pour rappeler que d'autres solutions existent et permettent de conserver un gain de temps, la simplicité de la commande en ligne, tout en soutenant la librairie indépendante. D’autant plus que le livre est vendu au même prix partout en France (sur internet, comme dans les points de vente physiques) du fait de la Loi Lang. 

« Les libraires s’engagent au quotidien en fournissant un service de qualité, en préservant la diversité culturelle, en maintenant un lien de proximité, et en mettant en place des services pour répondre aux attentes de leur clientèle », indique un message collectif. 

Les librairies indépendantes de plusieurs régions se sont rassemblées sur des portails en ligne pour permettre aux clients de trouver les livres de leur choix plus rapidement. Ils offrent la géolocalisation des livres et de la librairie indépendante la plus proche, un moteur de recherche qui donne accès à des millions de références, la réservation des livres en 1 clic et la possibilité de récupérer sa commande dans la librairie de son choix. 

• Pays de la Loire
• Provence-Alpes Côte d’Azur
• Nouvelle-Aquitaine
• Auvergne Rhône-Alpes
• Librairies parisiennes
• Librairies de l’Ouest parisien
• Hauts de France


Enfin, le site Librairiesindépendantes.com permet de rechercher un livre à l’échelle nationale sur tous les portails de libraires, et ainsi de commander des titres dans plus de 700 librairies indépendantes sur tout le territoire.
 
Acheter ses livres sur Amazon pour gagner du temps n’est donc pas une fatalité, bien au contraire. Il n’a jamais été aussi facile de faire le choix d’acheter ses livres dans une librairie indépendante, depuis chez soi.

Amazon représente un danger non seulement pour les librairies indépendantes, mais aussi pour l’ensemble de l’économie et pour l’avenir de notre société comme nous l’a démontré ce documentaire. Nos sites sont une alternative : des outils simples, efficaces, pour faciliter une consommation responsable pour tous.
 



Commentaires
Super initiative !

Du coup, quelle visibilité proposent-elles à leurs talentueux camarades, les auteurs indépendants, pour que ceux-ci ne se rabattent plus sur Amazon ?
Hum ! Laisse moi deviner... Le mépris.



Dieu sait que j'attends que les libraires français s'organisent enfin pour offrir aux auto-édités une solution qui leur permettraient de s'affranchir de la quasi mainmise d'Amazon sur la littérature indépendante. Car il faut avouer que la possibilité de s'éditer gratuitement sans perdre ses droits sur ses manuscrits, de gagner de 35 à 70% sur ses ventes est bigrement intéressant pour des auteurs sous payés (voire pas payé du tout) qui travaillent pour des marchés générant de faibles ventes. Si les libraires offraient un service équivalent, je serais le premier à en profiter, ne serais-ce que pour ne pas mettre tout mes œufs dans un seul panier. Ce serait une excellente stratégie pour eux de référencer et recevoir des auteurs locaux prêt à conseiller à leur réseau de venir acheter leurs livres chez eux.



Mais malheureusement les libraires sont atteints d'une sorte de syndrome de Stockholm qui les enchaîne aux éditeurs classique et à leur stratégie de fuite en avant qui tue la chaîne du livre en noyant les lecteurs sous une offre pléthorique.
C’est malheureux, mais je constate la même chose que vous.

J’ai posé la question à un groupe de libraires, hier, et on m’a traité d’auteur raté... et ce sans rien lire de mon boulot, bien sûr.

C’est condescendant, bête et surtout contre-productif.
La librairie meure par étouffement de sa frilosité, de sa complicité et de sa duplicité avec la stratégie éditoriale de masse des éditeurs. Amazon ne fait qu'enfoncer les clous du cercueil, rien de plus, mais la bête qui y repose est morte depuis longtemps déjà.
Étant d'origine britannique, je n'ai pas trop le choix pour commander mes livres, même si la plupart des magasins comme Culture ou FNAC possède un rayon en langues étrangères, ils sont vraiment trop chers. Par contre, quand je dois acheter les livres en français, j'essaie dle faire en magasin.
C'est très facile de taper sur Amazon. Ce n'est pas le premier article que je vois sur ActuaLitté, mais la réalité sur le terrain (de ce que j'ai pu constaté en Aquitaine et en Bourgogne) c'est la Fnac qui a coulé depuis 30 ans les libraires et les disquaires (même si ces derniers remontent la pente).



Par contre je dirais enfin on voit un site comme librairiesindépendantes.com
Très beau reportage oui. Mais étant étudiant dans les métiers du livres, secteur édition librairie, je voudrais apporter un petit point sur votre question des auteurs indépendants...



Je suis orienté dans la librairie, et tout ceux que je connais ne méprisent pas les auteurs. Ça n'en fait pas une généralité bien entendu, mais tout ça pour vous dire que les libraires n'ont surtout pas les moyens financiers et de temps pour s'occuper de l'édition d'auteurs indépendants.



Le système est mal fichu, complètement. Mais nous qui sommes au bout de la chaîne on ne peut pas se permettre de court circuiter le schéma de création d'un livre. Déjà parce que seul les vraiment gros groupes de librairies pourraient se le permettre (et avec une faible rentabilité voire quasi nulle) mais aussi parce que ce serait vu d'un mauvais d'œil par les éditeurs (c'est stupide, mais dans l'autre sens nous on râle quand les éditeurs ont des sites marchands donc...).
Bon, ça ressemble à une bonne initiative. Les libraires indépendants découvrent internet et veulent proposer le même service qu'Amazon quinze ans plus tard. Ils ont créé des plateformes internet pour inciter les lecteurs à passer par eux plutôt que par l'ogre américain. bien, bien. Les difficultés commencent lorsqu'on doit savoir à quelle région on appartient, et ensuite trouver une librairie proche de chez soi. Car il n'y a pas de regroupement national, uniquement régional, vous me suivez? Bon, pourquoi pas. Le problème pour moi est que je vis dans le Centre, à Bourges. La région Centre ne fait pas partie du réseau. Serait-elle rattachée aux pays de la Loire ou à l'Auvergne et Rhône Alpes? Négatif. Bourges n'a pas de librairie indépendante rattachée à ce réseau. Le Cher dans son ensemble non plus. Alors, amis libraires indépendants, dites-moi comment je fais pour être un gentil lecteur qui veut favoriser la librairie indépendante même si celle-ci n'a pas mes livres en rayons ni ceux que je voudrais acquérir, à moins de commander avec dix jours d'attente? Merci pour votre réponse. Je veux bien jouer le jeu, mais à condition d'avoir des cartes en main.
Toujours la même rengaine d'auteurs qui vivent mal leur absence dans les librairies smile La frustration est la même pour tellement d'entre-vous. Entre aigreur et aveuglement. J'ai lu plusieurs livres auto-edités, sur 10 j'ai du tomber sur un truc qui valait le coup. Résultat j'en vends des centaines. Le reste frise souvent le ridicule. Et en plus on nous donne des leçons sur notre façon de travailler. Mais L. O. L.
Je crois cher libraire que vous surestimez le besoin des auteurs indépendant d'être présent dans le monstrueux panier de crabe des étagères dans les points de vente. C'est un espace bien trop compétitif pour essayer d'y risquer des exemplaires papier voués au pilon. Et effectivement vous êtes la démonstration vivante du mépris dont je parlais plus haut.



L'auto-édition ne peut pas utiliser la stratégie marketing du "tapis de bombe" et fait parler d'elle par sa proximité avec les lecteurs. Ce qui nous intéresse dans les librairies c'est une occasion de rencontre via une séance de dédicace et quelques livres laissés sur une étagère pour représenter une littérature autant locale d'indépendante. Vous pouvez trouver auprès des auteurs auto-publiés un intérêt certain pour l'économie locale et le commerce.

Tout ce qu'il faut pour lier ce type d'amitié autour d'un objectif commun c'est d'accueillir les auteurs avec respect et leur donner la chance de vous présenter leur production. Certes la qualité des ouvrages est inégale, mais je peux vous assurer que les écrivains indépendants sont en demande de feedback pour améliorer leur production. Vous trouverez sans aucun doute des individus intéressé par votre expérience de la littérature.



Bien sur les indés ont besoin de reconnaissance comme la totalité de l'humanité. Mais je peux vous assurer que les indépendants sont suffisamment intelligents pour savoir qu'ils ne peuvent pas financer de leurs deniers une stratégie de conquête équivalente à celle des majors de l'édition.



Je l'affirme, sans amertume ni frustration.
Je rejoins absolument votre constat sur l'auto-édition, mais, pour ce qui est du mépris du libraire, vous n'aidez pas à améliorer cette image... cheese cheese
Dans ma ville Chambéry, ville moyenne on a 4 librairies indépendantes. Depuis 10 ans on peut commander chez son libraire un livre sur le net. On le reçoit ou on va le chercher quand il arrive c’est à dire rapidement. Moi je préfère aller le chercher pour bavarder.

Quand aux auteurs auto-édités Il y a plusieurs centaines de livres dans le circuit classique et de nombreux s’y noient rapidement. L'auto-édition peut satisfaire certains et Amazone peut être utile pour eux. Et si le succès leur vient par ce biais pourquoi pas
Le retour de la contre-attaque à Amazon subventionnée, episode 2356 (après 1001librairies, aprés ...).

La culpabilisation et le mépris pour ramener des clients : meilleure campagne de comm' ever !
Bon courage aux libraires, la concurrence est rude face au service de qualité proposé par https://www.amazon.fr/">Amazon.fr
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