Les librairies Barnes & Noble “ont besoin d'un peu de botox”, selon le DG

Maxim Simonienko - 13.06.2019

Edition - Librairies - james daunt waterstones - rachat barnes & noble - elliott advisors


La chaîne de librairies Barnes & Noble s'apprête à être rachetée par Elliott Management pour 683 millions de $. Pour tourner définitivement la page, Barnes & Noble s'est même attribué un nouveau directeur général : James Daunt. Une toute nouvelle expérience pour cet homme d'affaires qui n'a, pour le moment, fait ses preuves qu'au Royaume-Uni.
 
L'intérieur d'une librairie Barnes & Noble, à Los Angeles (Geographer - CC BY-SA 3.0)

 
James Daunt semble être l'homme de la situation. En plus de diriger ses neuf librairies, Daunt Books, le businessman dirige la chaîne de librairies Waterstones depuis plusieurs années. Cette dernière, alors au bord de la faillite en 2011, a réussi grâce à l'aide de Daunt à relever le niveau de ses ventes. Elle en est même devenu rentable et a attiré l'attention de Elliott Management, qui l'a racheté l'an dernier.
 

“La clé sera l'investissement”


Après examen du dossier de Barnes & Noble, il a déclaré que la situation était bien pire chez Waterstones : « Barnes & Noble est pour le moins rentable. Cependant, il faut se rendre à l'évidence que si les ventes ne remontent pas, il y aura des conséquences négatives : [il faudra alors] fermer beaucoup de magasins ou, pire encore, fermer tous les magasins. »

Pour éviter ce scénario catastrophe, James Daunt a précisé que la priorité n'était pas de réduire les coûts, mais de trouver un moyen d'arrêter le déclin des ventes et de relancer la croissance de l'entreprise. « La clé sera l'investissement » a-t-il ajouté.

Pour ce faire, l'homme d'affaires espère recevoir un coup de pouce budgétaire de la part d'Elliott Management. Une grande partie de l'investissement devrait servir à un ravalement de façade de la plupart des librairies Barnes & Noble.

«Ils devront partager une partie de leur trésor avec nous. Le fait est que Barnes & Noble a besoin d'argent : les gens veulent acheter dans des endroits modernes, propres et accueillants. Les magasins Barnes & Noble ont l'air fatigués et ont besoin d'un peu de botox », a déclaré le nouveau dirigeant.
 

S'adapter à une nouvelle clientèle


Autre difficulté majeure : la clientèle américaine, qui représente un saut dans l'inconnu. En effet, Daunt a su relever les ventes de Waterstones, chaîne britannique, mais n'a pas encore d'expérience outre-Altantique. Le businessman craint de ne pas s'accorder à la demande des lecteurs américains : « Un client qui entre dans le magasin phare d'Union Square, un magasin de Boston ou un magasin de Jacksonville peut vouloir des choses différentes et, je vais être honnête ici, je n'ai aucune idée de ce que recherche le client à Jacksonville. Pas encore, du moins. » 

Concernant le « Nook », la liseuse de Barnes & Noble, Daunt croit toujours en sa viabilité. « Une option raisonnable », selon lui, qui pourrait attirer les lecteurs. « Nook vient d'introduire un nouveau modèle, alors voyons ce que ça donne. Je ne veux pas vendre le [e-reader] de quelqu'un d'autre, mais je n'ai aucun problème à vendre le mien ». Étonnante déclaration, surtout lorsque l'on sait que les librairies Waterstones ont vendu les liseuses  Kindle... d'Amazon. Rappelons également que le programme de ventes lié aux ventes des Nook a engendré une perte de 1 milliard de $ par les anciens dirigeants de Barnes & Noble.

Pour terminer, le businessman tentera de créer une meilleure synergie entre les librairies Barnes & Noble et leur site internet, BN.com, à l'image des librairies Foyles acquises par Waterstones l'an dernier. Une technique qui reposerait sur le « click-and-collect ». « Les clients commandent en ligne et viennent ensuite chercher leurs commandes au magasin », a expliqué Daunt. Une recette qui a fait ses preuves puisque le chiffres d'affaires de Waterstones a connu une croissance de 30 % grâce à cette combinaison. Et qu'en France, la Fnac tente d'imposer depuis plusieurs années.
 

Une tentative de diminuer les coûts, mais à quel prix ?


Aujourd'hui, James Daunt est aujourd'hui l'homme le plus influent de la librairie de langue anglaise. Il supervise 293 librairies Waterstones réparties au Royaume-Uni, en Irlande, aux Pays-Bas et en Belgique et bientôt 637 magasins Barnes & Noble aux États-Unis lorsque la transaction Barnes & Noble sera finalisée plus tard cette année.
 

Les libraires peuvent toutefois redouter d'être menés d'une poigne de fer. Chez Waterstones, afin de réduire les coûts, l'homme d'affaires avait licencié des milliers d'employés, dont environ la moitié des directeurs et un tiers des libraires, selon le Guardian.


via Publishers Weekly.



Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.