Les librairies dans les aéroports restructurent le modèle économique

Julien Helmlinger - 05.03.2014

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La vue du paysage depuis son hublot, c'est beau, un moment. Mais nombreux sont les voyageurs qui préfèrent lire dans les transports en commun, notamment à bord des avions. Si bien que l'on ne compte plus les librairies installées stratégiquement au sein même des aéroports. Face aux changements de l'industrie, ces boutiques, tout comme d'autres basées en centres-villes, doivent faire face à de nouveaux concurrents en plus des chaînes nationales. Pour éviter le crash en bordure de piste, leur business model se remet en question.

 

 

Un virage à prendre dans le tempo

CC by 2.0 par Denis Dervisevic

 

 

La lecture compterait sans conteste au rang des activités favorites des passagers, ces derniers ne se privant pas de lire en vol, qu'il s'agisse d'ouvrages en format papier, dominant pour l'heure, mais aussi numérique. L'attrait des lecteurs pour l'ebook affiche des signes de croissance ces dernières années, et la tendance pourrait prendre davantage d'altitude encore, depuis que la Federal Aviation Administration permet l'usage des tablettes pendant les phases d'atterrissage et de décollage des avions.

 

Pour cette raison, ces boutiques pourraient bien se trouver en première ligne sur le front de la transition numérique des métiers du livre. Cet hiver, Sarah Hinckley, porte-parole du groupe Hudson, expliquait que si la menace est réelle, tout n'est pas perdu. Selon elle, les libraires réactifs misent désormais sur « une sélection cueillie à la main, un service personnalisé, un environnement de magasinage agréable, le confort, le soutien communautaire et le prix le plus agressif que nous pouvons nous permettre ».

 

Au rang des menaces sérieuses, le fondateur de BookMarket, l'expert John Kremer évoque notamment la tarification d'Amazon et autres e-commerçants, défiant souvent toute concurrence des boutiques de brique et de mortier, sans oublier les facilités d'acquisition qui découlent du format numérique. Il évoque également le fait que s'il existe des magasins en aéroports, cela n'empêche pas les voyageurs d'emporter des livres achetés ailleurs.

 

En décembre dernier, les résultats chez Hudson Group semblaient néanmoins en hausse, grâce aux succès de titres populaires comme les sagas Fifty shades of Grey et Hunger Games. Les passagers qui embarquent pour un vol d'une durée située entre 1 et 8 heures le feraient bien souvent munis d'un bouquin destiné à faire passer le temps. Quand aux environs du Tarmac, les livres qui se vendraient le mieux en aéroport seraient ceux qui collent à l'actualité, ou bien ceux touristiques, présentant le pays à l'attention des étrangers qui viennent justement pour le visiter.

 

Les faiblesses des librairies d'aéroports concerneraient en premier lieu la question tarifaire et la marge réduite pour pratiquer le discount, tandis que leurs fixations de prix dépendent notamment des coûts élevés liés à leur emplacement stratégique, onéreux en loyer. Pour faire face aux concurrents émergents, elles pourraient éventuellement optimiser leur accueil des clients, susciter l'achat d'impulsion sur les titres axés sur la région, commercialiser des appareils de lecture numérique et des ebooks...