Les librairies de Hong Kong Page One en difficulté financière

Cécile Mazin - 16.08.2016

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La chaîne de librairies Page One rencontrerait des difficultés financières sérieuses d’après un éditeur, qui rompt le silence. Le montant des créances actuel s’élèverait à 700.000 $ HKL – près de 80.000 €, et se retrouverait prise d’assaut par ses clients. Depuis son ouverture en 1997, la chaîne a pourtant traversé de multiples crises : ultime et dernier sursaut ?

 

Page One HKG

Michael Rehfeldt, CC BY SA 2.0

 

 

Page One a compté jusqu’à 10 établissements au plus fort de son activité, mais depuis sa création, il n’en reste que deux à Hong Kong. L’alerte a été donnée par Foreign Press, qui a cessé d’alimenter les établissements en juin dernier. Ce distributeur de plus de 200 titres de magazines commence à s’agacer. Et d’affirmer qu’elle n’excluait pas une procédure en justice si les retards de paiement se poursuivaient.

 

Jimmy Pang Chi-ming, président de Subculture Ltd, assure de son côté que les difficultés financières des établissements sont connues. Mais depuis deux ans, on n’en entendait pas particulièrement parler. 

 

En 2012, un nouvel établissement avait dû fermer : l’échéance du bail locatif entraînait la fin de l’activité, attendu que la direction n’était plus en mesure d’assumer le montant du nouveau bail. Après cinq années sur place, le Page One du HarbourFront baissait donc le rideau, une fois pour toutes.

 

Trouver un investisseur dans les meilleurs délais

 

Aujourd’hui, analyse le président des éditions Subculture, le marché du livre est en baisse pour les ouvrages que proposait l’enseigne – notamment des livres en anglais et des ouvrages d’art. 

 

Mais d’autres maisons se plaignent et n’hésitent aujourd’hui plus à faire état de leur situation. Cite Bookshop, pour exemple, ne divulgue pas les montants, mais envisage également de porter l’affaire devant les tribunaux. 

 

Chez Red Publish, Lam Dat-cheong assure qu’il n’a pas trouvé ses propres livres dans les librairies, alors même qu’ils y sont pourtant distribués. 

 

Pour l’heure, la direction de Page One n’a pas réagi à ces informations. Fondée par Mark Tan, originaire de Singapour, en 1983, la société s’était déplacée vers Hong Kong en 1997. Son élargissement à la Chine continentale s’était pourtant assez bien déroulé : quatre boutiques sont actuellement ouvertes, deux à Beijing, ainsi qu’à Hangzhou et Chengdu. 

 

Voici quelques jours, un porte-parole de l’entreprise commentait simplement : « Page One s’inscrit dans un processus d’adaptation pour répondre à la demande actuelle des consommateurs... mais le commerce de détail a des charges élevées. » À cette heure, il lui faudrait trouver un financement permettant de renforcer l’actuel potentiel – et des discussions sont en cours avec un éventuel investisseur.

 

via Hong Kong FP, EJinsight