Les librairies Mona Lisait en redressement judiciaire

Antoine Oury - 13.06.2013

Edition - Librairies - librairies - Mona Lisait - redressement judiciaire


L'exercice 2012 n'a pas été des plus profitables pour les librairies d'occasion Mona Lisait. Si le chiffre d'affaires a progressé d'à peine 100.000 €, le résultat, lui, avait plongé de 52.000 à - 140.000 € entre 2011 et 2012 (Infogreffe). Sale temps, même dans le commerce des soldes de livres. Et la conséquence ne s'est pas faite attendre : les boutiques du réseau Mona Lisait se retrouvent en redressement judiciaire. 

 

 

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La boutique Mona Lisait de Toulouse, charlotte henard, CC BY-SA 2.0

 

 

Ces établissements fondés en 1987 par René Baudoin sont devenus une chaîne de librairies proposant des beaux livres neufs, et d'occasion. Avec ses douze points de ventes - dont trois hors de Paris à Toulon, Toulouse et Vélizy - l'enseigne a connu une année 2012 avec des résultats négatifs. Pour l'ensemble des établissements, c'est donc le redressement judiciaire qui a été mis en place, et ce, depuis le 10 mars dernier. 

 

« Nous ne sommes pas des librairies indépendantes, mais nos problématiques en tant que boutique de centre-ville sont les mêmes », nous précise un libraire du réseau Mona Lisait. Pour autant, les administrateurs judiciaires chargés du dossier se montrent plutôt rassurants : « Ce qui peut être positif pour Mona Lisait, c'est qu'il y a de très beaux emplacements, aux loyers corrects » souligne David Lacombe, principal collaborateur parisien au sein de l'étude AJ Associés.

 

Par ailleurs, une marque solide, créée dans les années 70, et proposant des beaux livres à des prix parfois plus compétitifs qu'Internet ne devrait pas avoir beaucoup de difficultés pour trouver un repreneur ou de nouveaux partenaires financiers. L'appel d'offres, qui se termine le 24 juin, aurait déjà suscité l'intérêt d'une trentaine de candidats.

 

Certes, « il faudra sûrement faire muter le modèle économique », souligne l'administrateur judiciaire, mais savoir-faire et longue histoire commune avec les fournisseurs devraient aider : parmi ces derniers, aucun n'a refusé de poursuivre l'approvisionnement en livres soldés. Par ailleurs, l'administrateur judiciaire a salué la « paix sociale » qui règne au sein des magasins de la chaîne, gérée par Marie-Claude Roberieux depuis le décès de son époux Pierre Roberieux.

 

Bien entendu, il reviendra ensuite au tribunal de commerce de livrer sa décision. Toutefois, aucune date n'a été arrêtée : si les offres de reprise ne s'avèrent pas satisfaisantes, un nouvel appel d'offres sera émis.