Les librairies Waterstones enregistrent des 'progrès significatifs'

Julien Helmlinger - 09.02.2015

Edition - Librairies - Waterstones - Rapport financier - Economie


Comme le décrit son directeur général James Daunt, catapulté à la tête de la chaîne en 2011, les librairies Waterstones enregistrent des « progrès significatifs » à l'occasion du dernier rapport financier. La société britannique a réduit ses pertes pour la deuxième année consécutive et se rapproche peu à peu de la rentabilité. Sur l'année d'exercice s'achevant fin avril 2014, les pertes de l'enseigne équivalent à 3,8 millions £, tandis que les ventes, à 389.5 millions £, ont connu un recul de 5,9 % par rapport à l'année précédente.

 

 

Waterstones Carlisle

CC BY 2.0 par Morebyless

 

 

Le bilan semble satisfaisant pour James Daunt et les 276 boutiques Waterstones, alors que le libraire a déjà marqué une étape importante en réduisant ses pertes de 23 millions £, une année auparavant. Depuis le rachat de la chaîne par l'homme d'affaires russe Alexander Mamut, courant 2011, plus de 50 millions £ ont été investies dans la société, depuis entrée en phase de restructuration. La chaîne a notamment développé son offre numérique, même si elle a dernièrement abandonné le rachat de Blinkbox Books.

 

Depuis le rachat de la chaîne, acté alors que celle-ci était sérieusement menacée, cet investissement « combiné à de meilleures conditions de vente de livres dans les magasins, dans l'optique d'améliorer le service et la gamme de livres stockés, fait encore une fois de Waterstones, pour ceux qui aiment les livres, un endroit à visiter et où passer du temps », revendique l'enseigne. L'effectif a été réduit de 512 employés dans le cadre de la restructuration, perdant 30 % de personnel en boutique et 60-70 % au bureau central.

 

Au cours de l'année d'exercice s'étant achevée fin avril 2013, les pertes de la chaîne britannique étaient de 12,5 millions £. Malgré la baisse des ventes d'une année sur l'autre, les pertes ont été ramenées à 3,8 millions £. Avant impôts, ces pertes ont diminué également, passant de 25.8 millions £ en 2013 à 18.8 millions £ en 2014. Une librairie a été fermée, les frais de restructuration engagés dans la société ont atteint les 6,9 millions £, auxquels s'ajoutent 9 millions £ d'autres frais de financement.

 

En raison de bonnes ventes de livres physiques à l'occasion de la saison des fêtes, en augmentation de 5 % en décembre, James Daunt estime que la chaîne « se dirige vers le seuil de rentabilité » dès cette année fiscale. Il prévoit l'ouverture d'au moins une douzaine de nouveaux magasins en 2015. Malgré la baisse des ventes d'appareils Kindle, le libraire estime qu'il reste important de les proposer à sa clientèle, afin de contenter les lecteurs de tous types de formats du livre.

 

À noter que la chaîne doit désormais 133 millions £ à sa société mère, le groupe A&NN d'Alexander Mamut, qui lui a permis de conserver un peu d'argent dans les coffres à la fin de l'année 2014. L'intérêt prélevé sur cette somme sera de 7 % au maximum, et ce jusqu'en 2021, année où la dette doit être remboursée. En 2011, l'homme d'affaires russe avait acquis le libraire en déboursant 53,5 millions £ et n'avait pas tardé à nommer le vétéran James Daunt à son poste.