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Les Little Free Libraries ne sont pas vraiment à tout le monde

Antoine Oury - 23.12.2019

Edition - Justice - Little Free Libraries - proces boite a lire - boite a lire droits


L'initiative Little Free Library semble animée des meilleures intentions : l'organisation s'investit pour multiplier les boites à lire, les recenser et ainsi permettre au plus grand nombre d'installer et de profiter de lectures gratuites, sur un mode participatif qui stimule le partage et la générosité. Mais, un peu plus d'un an après la disparition de Todd Bol, à l'origine des Little Free Libraries, le droit des marques vient se mêler à l'aventure...

Little Free Library
(photo d'illustration, Bill Smith, CC BY 2.0)


Todd Bol, entrepreneur américain, s'était réveillé à la fin des années 2010 avec une idée folle : une organisation à but non lucratif qui ferait la promotion des boites à lire en les intégrant dans un gigantesque réseau mondial. En 2009 naissait ainsi l'organisation Little Free Library, qui compte aujourd'hui plus de 91.000 boites à lire dans sa base de données.

Little Free Library propose de rejoindre le réseau international qu'elle a mis en place moyennant 40 $, ce qui permet de s'inscrire, d'obtenir un numéro d'enregistrement ainsi qu'une petite plaque qui certifie que cette boite à lire a rejoint la communauté. Il est également possible de s'offrir directement une boite à lire, vendue par Little Free Library, pour 300 $ environ.

Tony Bol, jeune frère de Todd, assure qu'il voulait « poursuivre le travail de Todd en donnant aux autres » lorsqu'il a créé la société commerciale Share With Others, spécialisée dans la vente de boite à lire. L'objectif étant de donner une partie des bénéfices à une fondation créée en mémoire de son frère, décédé en octobre 2018, et ainsi de financer diverses actions caritatives.

On commence à voir les problèmes se profiler à l'horizon : Austin Bol, le fils de Todd, gère à présent l'organisation Little Free Library, et a déposé en juin 2019 la marque « Little Free Library » pour désigner des « boites en bois proposant un espace où stocker des livres ».

Une bibliothèque de rue, en somme. Margret Aldrich, porte-parole de Little Free Library, explique que cela avait pour but de freiner la multiplication des descriptifs de vendeurs, sur Amazon ou Etsy, qui utilisaient l'expression « Little Free Libraries ». Et pouvaient donc entretenir une confusion sur leurs liens — ou plutôt absence de liens — avec l'organisation à but non commercial.
 
Tony Bol, dont la société repose sur la vente de bibliothèques de rue, ne l'entend bien sûr pas de cette oreille. Pour lui, ce dépôt de marque est abusif, un peu comme si « une société qui voudrait avoir la main sur l'ensemble des nichoirs pour oiseaux en déposant une marque sur toutes les “boites en bois proposant un abri pour les oiseaux” ». Aldrich répond bien sûr que l'organisation souhaite juste limiter les usages de son nom.

Tony Bol a dû fermer pendant un certain temps la boutique Etsy de sa société, à cause de cet usage de l'expression « Little Free Library », et assure que l'ensemble lui a coûté des milliers de dollars. Le tribunal qui tranchera aura fort à faire, puisqu'il faudra faire la part des choses entre une expression et l'appartenance à un réseau qu'elle sous-entend, et la simple utilisation de termes pour décrire une réalité.

via Washington Post


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