Les livres de Paulo Coelho pris dans un autodafé de Brésiliens en colère

Clément Solym - 01.10.2020

Edition - International - autodafé Paulo Coleho - Jair Bolsonaro Amazonie - protection environnement Brésil


On a peine à croire que les seniors brésiliens soient contraints d’allumer leur cheminée en utilisant des livres : voilà qui en dit long sur l’état de pauvreté qui sévit dans le pays. Ou bien était-ce un authentique autodafé que ces deux retraités ont perpétré depuis chez eux ? Dans tous les cas, les ouvrages de Paulo Coelho sont passés littéralement au grill…



Filmée par la petite-fille du couple, la vidéo a fait bondir au Brésil. « Je déchire les livres de Paulo Coelho, c’est le dixième livre que je brûle », indique la dame. Et interrogée, avec provocation, par la réalisatrice apprentie : « Mais pourquoi ? Qu’a-t-il fait ? » Réponse de la bergère : « Il leur a demandé de ne pas acheter de produits brésiliens. Il parle mal du Brésil. Maintenant, je brûle ses livres, misérable ! »

Et jeune fille, derrière la caméra, de le traiter de « tricheur et de saboteur ». 
 

 

L’écrivain est en effet devenu la cible de différentes attaques – celle-ci n’étant qu’une manifestation déraisonnable de plus – après avoir directement réagi aux critiques indirectes du président Jair Bolsonaro. Paulo Coelho a en effet affiché son soutien au mouvement démarré sur les réseaux Defund Bolsonaro.
 
Ce dernier prône un boycott économique du Brésil, comme ultime moyen de protester contre les positions prises par le gouvernement — principalement en ce qui concerne les mesures de protection de l’environnement. « Boycottez les exportations brésiliennes ou les talibans chrétiens contrôleront le pays », partageait Coelho.

Mais considérant qu’un autodafé de ses ouvrages était en cours, le romancier a riposté avec un bref rappel historique. « Autodafé : rituel de destruction de livres par le feu, qui procède généralement d’une opposition culturelle, religieuse ou politique aux matériaux en question. »

Et d’illustrer le propos avec une photo des partisans d’Hitler en 1933… Ambiance.
 

Les lecteurs ont également réagi, certains en exposant leur collection entière des livres de l’écrivain…

Sur la déforestation en Amazonie, Jair Bolsonaro a publiquement pris position contre les propos de Joe Biden, qui proposait de collecter quelque 20 milliards $ pour lutter contre la menace écologique qui plane. Le président brésilien revendiquait l’indépendance de son pays, et s’agace contre les ONG qui évoquent un crime environnemental commis en toute impunité. 

Mais Bolsonaro, manifestement adepte de la méthode Trump, pratique l’infox à l’envi : dans une déclaration du 26 septembre, il accusait les Amérindiens d’avoir provoqué certains des incendies qui actuellement ravagent la forêt amazonienne.  


photo Paulo Coelho : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
En général, le point Godwin est atteint à la fin d'une conversation, quand à bout d'argument, on verse dans l'attaque ad hitlerum.

Ce gars fait fort : il commence directement par la fin.
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