Les livres et la lecture, toujours plus embarrassants pour les jeunes

Nicolas Gary - 06.10.2013

Edition - International - enfants - lecture - cool


Voilà des années que la lecture a perdu de sa cool attitude, et les études se suivent, malheureusement, et se ressemblent sur le sujet. La dernière en date, de la Britannique National Literacy Trust auprès de 34.910 jeunes de 16 ans, fin 2012, n'est guère plus encourageante. Définitivement, pour les djeuns, la lecture n'est pas cool. Voire, embarrassante...

 

 

Adding a little shoe spice to the stacks ...

Enokson, CC BY 2.0

 

 

Il n'y aurait rien de pire que d'être prix en flagrante lecture, estiment les jeunes interrogés : en 2011, ils étaient 16,6 % à l'affirmer, contre 21,5 % cette année. Et conséquemment, les enfants lisent moins : seuls 28,4 % pratiquent les livres sur leur temps libre, contre 38,1 % dans une étude de 2005.  

 

Cette honte de la lecture ne date pas d'hier : il devient de plus en plus cool d'être un bidouilleur d'ordinateur, un Geek, plutôt qu'un amateur de livres, que l'on va justement qualifier péjorativement de geek. Chez les enfants qui ne pensent pas que la lecture soit cool, on trouve quatre fois plus de lecteurs moyens - 22,7 % contre 5,8 %.

 

On notera que 26,6 % des répondants ont souligné que leurs parents ne se préoccupent pas de savoir s'ils lisent - et moins encore ce qu'ils lisent. « Notre recherche révèle non seulement que les enfants lisent moins, et développent des attitudes négatives vis-à-vis de la lecture, mais également qu'il existe une corrélation claire entre ce point et leurs performances dans les tests de lecture », explique Jonathan Douglas, directeur de la NLT.

 

Manque d'oeuvres ?

 

Le manque d'oeuvres participe de cette situation, estime Douglas, ancien bibliothécaire jeunesse à Westminster, tout particulièrement pour les garçons. Ils sont 35 % à admettre qu'ils ne trouvent pas de livres intéressants à lire, contre 26 % des filles. Mais un effort pédagogique pour contrer les préjugés reste à faire : 16,2 % des enfants s'accordent à dire que la lecture est plus pour les filles que pour les garçons, contre 15,2 % dans l'étude de 2010. 

 

C'est dans ce contexte que la NLT a décidé de lancer une campagne de promotion de la lecture. Elle est en recherche d'une personnalité et de témoignages de personnes ayant triomphé de difficultés avec la lecture, et de problèmes d'illettrisme, qui auront été vaincus par la suite. Les Héros de l'alphabétisation sont soumis au vote des internautes, après avoir raconté leur histoire. 

 

En 2011, l'éditeur scolaire Pearson avait présenté une étude qui allait déjà dans ce sens : selon les critères des petites têtes blondes, et pour les enseignants, la réponse serait à chercher du côté des parents, dont le lobbying en faveur de la lecture n'est pas assez puissant.

 

Frank Cottrel Boyce, auteur de l'étude, le confirmait : « Il est inquiétant de penser que tant de jeunes ne sont pas incités à prendre un bon livre et à se perdre dans l'histoire. Selon l'UNESCO, le plus grand indicateur pour déterminer si un enfant va s'épanouir à l'école ou au travail, est de savoir s'ils lisent pour le plaisir ou non. »