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Les livres rares de Maurice Sendak répartis entre archives et ayants droit

Antoine Oury - 30.01.2017

Edition - Justice - Maurice Sendak livres - Maurice Sendak ayants droit - Maurice Sendak archives


À sa mort, en 2012, Maurice Sendak, auteur de Max et les MaximonstresPetit-Ours ou encore Papa-Ours revient, avait souhaité que sa collection de livres rares revienne au fonds Rosenbach de la Free Library of Philadelphia. Ce que les ayants droit de l'écrivain ont contesté, arguant que certains exemplaires devaient revenir à ses exécuteurs testamentaires.

 

Galerie des héros - Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil 2013

Max et les Maximonstres au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil 2013

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

L'affaire était allée très loin, jusqu'au procès en novembre 2014 : « Il est évident que la Maurice Sendak Estate [la structure des ayants droit] et les exécuteurs testamentaires n'ont aucune intention de se conformer aux dispositions relatives à Rosenbach » soulignait alors la Free Library of Philadelphia auprès d'une Cour du Connecticut.

 

L'auteur de Max et les Maximonstres a vécu une longue histoire avec le fonds Rosenbach puisque, dès les années 60, il décide d'y déposer une partie de son travail. Si bien que ses archives ont fait l'objet de plus de 70 expositions, organisées par l'établissement. Le vœu de l'écrivain de léguer sa collection de livres rares à la bibliothèque semblait faire sens.

 

Les ayants droit de Sendak refusaient, selon la plainte de l'établissement, de transférer certains ouvrages, comme des exemplaires de Pierre Lapin de Beatrix Potter, qu'ils qualifiaient de « livres pour enfants » plutôt que de « livres rares », ce qui les excluait de la collection de Sendak et, donc, du leg.

 

Quant à des exemplaires rares des livres de William Blake, Songs of Experience et Songs of Innocence, les ayants droit assuraient que leur état de conservation, avec une reliure manquante pour l'un et des pages non authentiques pour l'autre, n'en faisait plus des livres rares.

 

En novembre 2016, le litige a été tranché par le juge Joseph A. Egan Jr., dans le Connecticut, avec un jugement qui a été accepté par les deux parties. Bilan des courses : sur 895 titres considérés comme « rares », 643 livres ont été accordés au fonds Rosenbach, et 252 au Sendak Estate, compte Philly.com. Dont, pour ce dernier, les exemplaires des livres de William Blake, estimés à plusieurs millions $.

 

Parmi les ouvrages remis au fonds Rosenbach, on retrouve ainsi une édition originale de Tolstoï, un volume de la correspondance de Mozart daté de 1914, de nombreux ouvrages d'Henry James — qui ouvrent ainsi une nouvelle collection au sein du fonds — et une anthologie de 5 siècles de poésie yiddish qui remonte à 1917. Grâce au leg de Maurice Sendak, le fonds Rosenbach abrite désormais l'une des plus importantes collections d'ouvrages d'Herman Melville.

 

Parmi les autres auteurs favoris de Maurice Sendak, on trouve aussi Oscar Wilde, Lewis Carroll, Mark Twain, Randolph Caldecott, Jean et Laurent de Brunhoff, L. Frank Baum, Margaret Wise Brown ou encore William Steig.

 

Le Sendak Estate, de son côté, a hérité de quelques ouvrages de l'auteur, mais aussi d'exemplaires de livres illustrés par David Hockney, John Tenniel, Gustave Doré, William Blake, Aubrey Beardsley, Augustin LeGrand et Walter Crane.