Les livres scolaires tchèques sommés de désigner Tel-Aviv comme capitale d'Israël

Orianne Vialo - 31.08.2016

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L’éditeur Shocart, spécialisé dans l’édition de livres scolaires tchèques, va devoir réécrire l’ensemble de ses publications destinées aux scolaires. La raison : l’ambassade palestinienne reproche au ministère de l'Éducation tchèque d’avoir indiqué que la capitale d’Israël était Jérusalem. 

 

Domaine public

 

 

Toute la controverse, qui est encore très vive dans le pays, a commencé à la suite de plaintes de parents d’élèves membres de la communauté palestinienne. Ces derniers ont noté que dans les livres de leurs enfants, scolarisés en école primaire et secondaire, la capitale d’Israël était définie comme étant Jérusalem. 

 

Selon l’ambassadeur palestinien Khaled Alattrash, « l’ouvrage dit quelque chose qui est inacceptable, non seulement pour nous, mais aussi pour le droit international ou de la position officielle de l’Union européenne, dont fait partie la République tchèque. »

 

Le ministère de l'Éducation tchèque a annoncé un changement le 23 août denier, après avoir reçu des plaintes de l’ambassade de l’Autorité palestinienne à Prague, dirigée par l’ambassadeur Khaled Alattrash. D’après Klára Bílá, une porte-parole du ministère de l'Éducation « ces données vont être changées avant le début de l’année », et précisant que l’éditeur Shocart s’excusait pour son « erreur ». Ainsi, dans les ouvrages scolaires tchèques, la capitale d’Israël ne sera plus Jérusalem, mais Tel-Aviv. 

 

La maison d’édition Shocart a dû se plier aux demandes formulées par le ministère de l'Éducation, puisqu’en cas de refus, les écoles auraient cessé de recevoir des subventions pour acheter ses livres. De surcroît, il n’aurait plus joui du statut de livre scolaire officiellement reconnu par l'État. Le directeur de Shocart s’est exprimé, précisant qu’écrire que Jérusalem était la capitale d’Israël était une erreur qui avait été négligée. 

 

Irena Valentová, porte-parole du ministère des Affaires étrangères tchèques, a insisté en déclarant que ce changement de contenu était valable dans la mesure où « la République tchèque ne considère pas Jérusalem-Est comme appartenant à l'État d’Israël ». Et de poursuivre : « Les pays membres de l’Union européenne, y compris la République tchèque, voient Jérusalem comme future capitale de deux États, à savoir, l'État d’Israël et le futur État de Palestine. »

 

Emmanuel Nahshon, représentant du ministère des Affaires étrangères d'Israël, ne voit pas du tout les choses du même œil. Pour lui, cette mesure ne fera que pousser les jeunes tchèques à apprendre de fausses informations, dès leur plus jeune âge. Il a annoncé que « le ministère des Affaires étrangères travaille énergiquement avec les parties concernées du gouvernement tchèque afin d'arrêter l'enseignement pervers. Il n'y a pas de limite à l'incitation palestinienne, qui ne se satisfait pas d'empoisonner les esprits des jeunes Palestiniens, mais qui cherche aussi à semer le mensonge chez les jeunes tchèques »...

 

Rappelons que l'État d'Israël a désigné sa capitale comme étant Jérusalem, mais qu'en raison du statut de cette ville, une partie de la communauté internationale se refuse de la reconnaître comme telle.

 

Les litiges autour des manuels scolaires, sur les questions qui concernent Israël et la Palestine, sont fréquents : en mars 2016, le prestigieux éditeur américain McGraw-Hill avait annoncé le retrait d'un manuel scolaire qui citait la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie et Israël comme des « territoires perdus par la Palestine » entre 1946 et 2000.

 

via iDNES