Les mamans lisent mieux les histoires et développent l'empathie

Nicolas Gary - 29.03.2013

Edition - International - empathie - lecture - mamans


On sait combien la lecture faite à ses enfants, avant qu'ils ne s'endorment, est primordiale. Moment d'intimité, et de convivialité également, on sait également que les papas n'ont pas toujours assez de temps - trop pris par leur travail... - pour être au rendez-vous. Mais une étude vient de montrer que les mamans sont bien meilleures que leur conjoint pour cette activité...

 

 

naptime friend & dreamworld companion

purplburtfly, (CC BY 2.0)

 

 

En mai 2008, une étude avait démontré tous les bienfaits que la lecture avant le coucher peut avoir sur les enfants. La lecture d'histoires avant l'heure du coucher implique un partage émotionnel, affectif et social primordial. En outre, cela permettrait le développement de la mémoire, mais également de facultés motrices, et là tout devient plus amusant, par le simple fait de tourner des pages, en les saisissant avec le pouce et l'index, précise l'étude. Probablement pour les très très jeunes. 

 

Des études complémentaires tendent à montrer que l'apprentissage de la lecture dès le plus jeune âge favorise amplement la maîtrise de la langue, mais qu'il pose aussi les jalons pour une meilleure compréhension et des résultats supérieurs dans des tests de langage.

 

Des scientifiques qui n'avaient que cela à faire, se sont penchés sur la lecture d'histoire de chevet, établissant qu'il existait de subtiles différences entre hommes et femmes dans leur capacité à lire des histoires. Ainsi, 42 familles ont été passées au crible des chercheurs, avec des enfants de 4 ou 5 ans. Les parents étaient invités à se souvenir des années passées avec leur progéniture et de raconter les événements émotionnellement forts de leur brève existence.

 

Etaient alors passés en revue tous les moment de jeux, les interactions, les conflits avec d'autres enfants, ou entre les parents et l'enfant, les moments de joie ou de tristesse, et ainsi de suite. Les familles ont reçu deux visites par ans des chercheurs, et chaque parent était questionné seul : on lui demandait de raconter quatre événements entrant dans le cadre de la recherche. Le tout fut enregistré et traité. 

 

Papa chanteur. Maman douceur. Pleure pas, pleure pas. Bébé bonheur.

 

Attention, tragédie : les résultats ont montré que les mamans se souvenaient non seulement davantage des expériences vécues par leur rejeton, que les pères n'en avaient. Et, moins préoccupant toutefois, les mamans sont plus à même de raconter des histoires, parce qu'elles induisent des lectures plus chargées d'émotion que ne le font les pères. En outre, elles ont tendance à expliquer l'histoire lue, et échanger avec leur enfant sur ce qu'il vient d'entendre, ses sentiments et son expérience d'auditeur. 

 

Toutefois, il ne s'agirait pas d'un problème de relation, puisque, quel que soit le sexe de l'enfant, le papa semble toujours disposer de moins de souvenirs que la maman. 

 

Tous ces éléments mis bout à bout par les chercheurs de l'université de Central Florida et d'Emory, aux États-Unis, démontrent clairement que dans cette interaction, l'enfant apprend bien plus de sa mère. Celle-ci aurait la volonté d'apprendre à l'enfant à composer avec ses émotions, particulièrement celles qui sont douloureuses, en leur transmettant des ‘outils' pour mieux vivre ces émotions. Les négatives, en particulier.

 

Le professeur Widaad Zaman, qui a supervisé l'étude, n'en revient pas lui-même : « Ces résultats sont intrigants : c'est une première étape nécessaire pour mieux comprendre comment les parents socialisent le rôle [parental], en fonction de leur gentilité, vis-à-vis des filles et des garçons, au travers d'histoires anciennes, et comment filles et garçons peuvent intégrer ses rôles dans leurs propres histoires et leurs vies. » 

 

En somme, les mamans favorisent le développement émotionnel de leurs enfants en leur racontant des histoires et de par la manière dont elles les racontent. Une question d'empathie intéressante, découlant de l'interrogation ‘Pourquoi', manifestement plus employée par les mamans, expliquent les chercheurs. Et comme ce ‘Pourquoi' incite l'enfant à s'interroger sur ses ressentis, il participerait activement à sa construction mentale. 

 

Les résultats de l'étude ont été publiés dans Sex Roles, vendu à cette adresse.




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