Les manuels juridiques en numérique : un progrès pour la diffusion du droit ?

Clément Solym - 22.09.2011

Edition - Société - loi - angleterre - juriste


En Angleterre, les manuels de référence sur l'évolution de la jurisprudence, de la loi et des procédures, coûtent facilement plusieurs centaines de livres sterling pièce. L'arrivée de leur version numérique pourrait faciliter la compréhension des procès par ceux qui aimeraient les suivre en détail. Le « barrister », ou plaidoyer Thom Dyke explique la situation actuelle.

 

Georges Monbiot, chroniqueur pour le Guardian, a récemment accusé les éditeurs universitaires d'être les pires fripouilles du monde capitaliste, avant même les compagnies d'assurance et les compagnies pétrolières : elles font payer des centaines d'euros des ouvrages qui sont produits par ceux qui les lisent. Le White Book pour les juristes du civil ou le Archbold pour le pénal sont hors de prix.
 

 


Certes les juristes ont généralement les moyens, et c'est leur problème. Mais outre que les cabinets les plus pauvres sont désavantagés, comme le Citizen Advice Bureau qui est soutenu par un organisme caritatif, le vrai problème est l'information des accusés et plaignants.

Ceux-ci se retrouvent embarqués dans une machine incompréhensible. Les rêves de Kafka étaient loin d'être déconnectés de la réalité, même si la loi doit être publique et que nul n'est censé l'ignorer.


Une diffusion plus efficace certes, mais plus large ?

Par manque de moyens, en Angleterre, les sites gouvernementaux ou caritatifs qui devraient mettre la loi à disposition du public ont toujours un peu de retard. De plus la loi est alors livrée brute, sans explications.

Tout cela fait qu'il vaut mieux payer un abonnement à l'Archbold sur iPad pour être certain d'avoir les dernières évolutions du droit pénal. Les jeunes juristes préfèrent ce format, nettement plus pratique pour chercher dans les codes. Cela dit, encore faut-il disposer des moyens pour s'offrir un iPad, ce qui n'est pas évident pour le très grand public...

 

L'idéal serait qu'il « soit donné aux personnes qui seront soumis à la loi pénale une notification réaliste ou au moins constructive de ce que la loi requiert ». Il est douteux que cet idéal soit atteint tout de suite, mais il semble à Thom Dyke que l'arrivée des manuels numériques les rend plus accessibles au tout-venant.  
 

(Via Le Guardian)