Les manuels scolaires seront gratuits, que les libraires s'en réjouissent

Victor De Sepausy - 20.12.2018

Edition - Librairies - livres scolaires Wauquiez - manuels scolaires réforme - lycée réforme baccalauréat


Manifestement, les appels des professionnels lui auront glissé dessus : resté de glace face à l’alarme des libraires, Laurent Wauquiez a confirmé son intention d’appliquer une gratuité totale pour les manuels scolaires. Dès la rentrée 2019, les élèves de lycée profiteront de cette réforme à 44 millions €.

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Fondapol, CC BY SA 2.0

 
Les libraires de Rhône-Alpes n’en revenaient pas : la Région allait prendre en charge les manuels scolaires pour les lycées, privant le secteur d’une manne économique. La perte de chiffre d’affaires ne concernerait d’ailleurs pas les seuls ouvrages : tout lycée qui se rend en librairie prend des réflexes dans l’achat de livres à l’avenir. Et dans le même temps, peut profiter de son manuel pour s’offrir autre chose. 
 

“Alléger le budget éducation des familles”


La disparition du flux de client ajoutée au manque à gagner aboutit à une situation tendue. La douloureuse, estimaient les librairies de la région, représenterait une perte de chiffre d'affaires oscillant entre 20 et 25 % en valeur

Indirectement, la Région prenait déjà en charge cette gratuité, en fournissant aux lycéens un crédit approvisionnant la carte Pass Région. Et ces derniers réalisant leurs achats en librairie obtenaient donc un certain avantage. 

Au cours d’une conférence de presse, Laurent Wauquiez a confirmé son intention, visant à « alléger le budget éducation des familles », attendu qu’elles se retrouvent « tellement assommées de taxes et d’impôts ». L’agenda pousse également le président de la région Auvergne Rhône Alpes, à prendre les devants : selon ses comptes, la révision des programmes qui traduit la réforme du lycée et du bac, impliquera l’achat de nouveaux manuels.

Un coût estimé à 250 € par élève, que la région compte prendre en compte, soit 44 millions € sur deux ans. Il rappelle par ailleurs que depuis le début de son mandat, 300 millions € d’économies ont été réalisés, permettant cette dépense. 

Le Syndicat de la librairie française était venu en renfort : dans un courrier adressé au président de la Région, le SLF détaillait les conséquences de son action. Si « le fonctionnement des libraires est tout à fait adapté aux achats par les familles, il ne leur permet pas, sur un plan financier et logistique, de répondre à des marchés publics très importants ». 
 

Des appels d’offres territorialisés


Or, Béatrice Berthoux, vice-présidente en charge des lycées, a justement apporté des précisions : les libraires, loin d’être exclus, sont au cœur du dispositif, par l’intermédiaire « des appels d’offres territorialisés ». Une solution plausible permettant de maintenir dans la boucle les partenaires vivement inquiétés. 

« Il y aura déjà 9 millions d’euros qui vont continuer à être versés à travers le Pass'Région aux élèves de terminale et des filières professionnelles, qui ne sont pas concernées par la réforme, ainsi que les lycées privés qui continueront à se fournir directement auprès des librairies. Cela fait que l’an prochain, le montant qui devrait être dépensé par la Région dans le tissu local restera quasiment le même », indique-t-elle. Pas suffisant pour que les libraires soufflent.

Rappelons qu’à la différence des livres non scolaires, ce segment ne dispose pas de plafond limitant le montant de remise. « Les détaillants peuvent donc vendre des livres scolaires à ces collectivités sans limitation de rabais », rappelle le SLF. 

En procédant à un appel d’offres, la Région veut réduire les coûts d’achat, mais garantit qu’elle ne sera pas gourmande sur les remises demandées. Pour garantir une implication territoriale, sur un pareil montant, il faudra une forte mutualisation des ressources, d’un côté, et une rédaction de l’appel qui parviendrait à conscrire aux libraires de proximité le projet. Une astuce existe, mais tout dépendra évidemment du montant de la remise demandée.
 

Rendez-vous en janvier pour les détails


Le budget primitif a de toute manière été adopté par le conseil régional : le dispositif coûtera précisément 41 millions €, dont 32,12 millions € en investissement. Le précédent dispositif est toutefois préservé pour les Terminales générales et la filière professionnelle sur l’année 2019/2020.

« Avec cette réforme, c’est 32 millions d’euros que l’on doit mettre sur la table pour acheter de nouveaux livres : or, une collectivité comme la région ne peut pas investir à ce niveau-là à l’heure où nous sommes en parallèle tenus à réduire nos propres dépenses de fonctionnement de 50 millions d’euros », garantit Béatrice Berthoux.

Les critères du marché sont encore à définir, et ne seront connus que début janvier — là encore, avec l’assurance que les acteurs locaux seront engagés dans la réflexion. Sauf qu’un appel d’offres n’aura jamais la même répercussion que des milliers de lycéens se rendant en librairie.  


via VL Media, La Tribune


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