Les manuscrits de Kafka, un trésor très convoité

Clément Solym - 17.12.2009

Edition - Justice - manuscrits - kafka - succession


La bataille autour des manuscrits de Kafka issus de la succession Max Brod fait rage entre trois parties, une institution allemande, une institution israélienne et les filles d'Esther Hoffe, l'héritière de Brod.

Ce qui coince réellement c'est que Kafka avait demandé à Max Brod, avant de mourir, de brûler tous ses manuscrits. Comme on le sait celui-ci n'en a rien fait. À l'époque, il avait dû fuir le régime nazi et s'était réfugié Tel-Aviv. Par la suite, il avait publié les textes de Kafka et avait légué ce trésor à sa secrétaire Esther Hoffe.

Celle-ci a vendu un certain nombre de manuscrits dont celui du Procès pour lequel les archives de Marbach ou LiMo (Literaturmuseum der Moderne, en français : musée de la littérature moderne) se sont portées acquéreur.

Selon Ulrich Raulff, le directeur des archives de Marbach « à l'époque, personne n'a protesté contre cette enchère » et d'ajouter : « Après la mort de Max Brod en 1968, un tribunal israélien avait reconnu officiellement en 1974 la légitimité du legs de Max Brod à sa secrétaire ». Il a affirmé que : « Kafka n'a jamais été en Palestine » et enfin que les manuscrits étaient conservés depuis 1956 en Suisse dans le coffre d'une banque et non en Israël.

En Israël, on voit le problème d'un autre oeil. Le directeur de la Bibliothèque nationale d'Israël à Jérusalem, Shmouel Har-Noï, entend « récupérer les manuscrits de Kafka qui lui reviennent, conformément au testament de son ami Max Brod, qui en était le dépositaire », indique l'AFP.

Ainsi, un procès se déroule à Tel Aviv pour déterminer si les filles d'Esther Hoffe peuvent jouir en toute légalité de cette succession. Les enjeux sont grands et les manuscrits de Kafka ainsi que les journaux intimes de Max Brod constituent un véritable trésor potentiel pour les chercheurs. Et d'un autre côté sur le marché des enchères cette succession représente une véritable fortune, et ça n'a certainement pas échappé aux soeurs Hoffe.

De son côté, Ulrich Raulff compte faire reconnaître que Marbach « est explicitement citée [...] dans les testaments de Max Brod et d'Esther Hoffe pour conserver » les manuscrits. Il affirma aussi que les archives de Marbach sont prêtes à donner des copies et à collaborer au niveau des recherches avec Israël.