Les maoïstes sollicitent Arundhati Roy pour négocier avec l'Inde

Clément Solym - 08.03.2010

Edition - Société - maoistes - Arundhati - Roy


Le parti communiste d'Inde, aussi nommé parti maoïste, compte parmi les organisations terroristes des États-Unis ne s'est jamais limité à des actions de force, alors que mi-février, une nouvelle attaque avait fait 25 morts.

Si une trêve a été déclarée, au moins jusqu'au 7 mai prochain, le gouvernement, à travers le ministre de l'Intérieur Chidambaram, souhaite négocier avec les insurgés. On évalue leur nombre entre 10 et 20.000 « terroristes rouges ».

En outre, la semaine passée, un dirigeant des Naxalites (autre nom des maoïstes), Venkateshwar Reddy, a été arrêté. Il était le responsable de l'attaque menée mi-février. Probablement ce qui a poussé les extrémistes à entamer des pourparlers, et réclamer que la romancière Arundhati Roy devienne la médiatrice entre eux et l'État.

Personnellement sollicitée, l'auteure considère cette invitation comme sérieuse, et estime que les deux camps devraient absolument déclarer un cessez-le-feu. Célèbre pour son Prix Booker en 1997, pour le livre Le Dieu des petits riens, Arundhati a toujours fait preuve d'engagement social, et son pacifisme est réputé.

Elle fait notamment partie des personnes ayant participé à la thèse de l'après-développement - « L'occidentalisation désocialiserait et déterritorialiserait les hommes, substituerait des échanges économiques au lien social et prônerait la concurrence généralisée qui mène à l'exclusion. » (source)

Pour autant, Arundhati a préféré décliner la proposition faite par les maoïstes, estimant qu'elle « est une écrivaine, pas une médiatrice. Je ne pense pas que je serai très douée pour ça. » Et d'ajouter : « C'est une très sérieuse responsabilité et certaines personnes sont bonnes pour faire cela. » Arundhati préfère pour sa part rester « observatrice indépendante » dans cette situation, rapporte la BBC.

Ses positions tranchées sur des questions sensibles ont souvent fait d'elle une personnalité controversée en Inde. L'invitation formulée par les Naxalistes a irrité le ministre de l'Intérieur. « Vous ne pouvez pas avoir une discussion avec des gens qui ne veulent pas en avoir. Laissez Arundhati Roy obtenir d'eux un engagement qu'ils renoncent à la violence. Elle n'a pas de réponse à cela. »


Crédit photo Mecano Blog