Groupe Lagardère : Un troisième trimestre 2014 en hausse

Clément Solym - 14.11.2014

Edition - Economie - Lagardère Hachette Livre - résultats financiers trimestre


Avec 1,903 milliard € de chiffre d'affaires pour son troisième trimestre, le groupe Lagardère enregistre une croissance de 1,4 %, confirmant des objectifs honorables. Mais la publication des résultats trimestriels du T3 2014 s'est également accompagnée d'une grande nouvelle : la fin du conflit avec le cybermarchand Amazon, installée depuis plusieurs mois – presque une année. 

 

 

Accord numérisation Google Books - Hachette Livre

Arnaud Nourry, PDG du groupe Hachette - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Et il était temps que cesse le bras de fer, entre le vendeur et l'éditeur, Hachette Livre, filiale du groupe Lagardère. Dans sa branche Publishing, le groupe reconnaît en effet un recul de l'activité de 1,2 %, considérant que « la performance est affectée par un effet de comparaison défavorable en Littérature générale en France et aux États-Unis, ainsi que par l'impact significatif de l'absence de renouvellement des programmes scolaires en France. La dynamique des Fascicules ne suffit pas à compenser ces tendances ». 

 

Sur l'année, le résultat de Lagardère se positionne donc à 5,267 milliards €, soit - 0,3 % en données brutes et - 2,1 % à données comparables. « Sur les neuf premiers mois de l'année, l'évolution du chiffre d'affaires est due essentiellement à un effet de comparaison défavorable avec un premier semestre 2013 particulièrement fort chez Lagardère Publishing (publication de nombreux best-sellers) », explique le groupe.

 

Lagardère Publishing réalise 564 millions € de chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois, contre 580 millions € l'année passée sur la même période. Le troisième trimestre se positionne à 1,903 milliard €, contre 1,877 milliard, pour le seul troisième trimestre. Les performances de 2013 étaient particulièrement fortes, affirme le groupe, ce qui explique que l'activité soit en recul. 

En France (- 6,6 %), l'activité est en baisse par rapport au 3e trimestre 2013 qui bénéficiait notamment de la poursuite du succès des tomes 2 et 3 de la saga Fifty Shades, et des ventes estivales du livre de Dan Brown, Inferno. L'activité dans l'Éducation est en repli sensible, en raison de l'absence de renouvellement des programmes scolaires.

Aux États-Unis, la variation du chiffre d'affaires (- 18,5 %) est fortement affectée par un effet de comparaison défavorable avec le troisième trimestre 2013 (qui avait enregistré une croissance de + 11 %) particulièrement riche en best-sellers (notamment The Longest Ride, de Nicholas Sparks). Par ailleurs le contexte difficile avec Amazon ainsi que le report de parutions ont impacté le niveau d'activité.

Le Royaume-Uni est également en baisse (- 7,4 %), en raison d'un programme de publications moins porteur en Littérature générale.

En Espagne/Amérique latine, l'activité est en hausse, avec une bonne performance en Amérique latine.

Les activités de Fascicules (+ 2,9 %) poursuivent leurs bonnes performances, grâce aux lancements de collections à succès fin 2013.

 

Côté numérique, on note une légère baisse, de 10,4 % contre 10,6 % du CA livre pour le T3 de 2013, généré par les ventes d'ebooks. Mais seuls les pays anglo-saxons connaissent cette tendance, avec des subtilités : les USA sont entrés « dans un marché du numérique qui marque une pause (ralentissement observé depuis 2013), le chiffre d'affaires du livre numérique est en réduction (28 % du chiffre d'affaires Trade contre 31 % à fin septembre 2013), notamment du fait des mesures punitives d'Amazon ».

 

Côté Royaume-Uni « le livre numérique affiche toujours une progression soutenue, et représente 34 % du chiffre d'affaires Adult Trade contre 31 % à fin septembre 2013 ».

 

Mais tout cela reste assez étonnant : si les « mesures punitives » d'Amazon concernaient les livres imprimés (délais de livraison insensés, précommandes impossibles, aucune remise), les livres numériques, eux, étaient toujours mis à disposition des clients Kindle. Autrement dit, l'éditeur explique qu'en plus des ventes perdues pour les ouvrages papier, les résultats de ventes numériques auraient également été impactés par les sanctions appliquées. Étrange.