Les militaires sud-coréens privés de classiques littéraires

Clément Solym - 04.06.2012

Edition - International - sédition - corée - militaire


Le Prince de Machiavel, Ulysse de Joyce, la Case de l'oncle Tom, Dr Jivago sont autant d'apports à la littérature mondiale incontestés. Sauf peut-être pour l'armée de Corée du Sud. Jeudi dernier, la Cour centrale de Séoul a autorisé le ministère de la Défense à interdire l'accès à des livres au contenu jugé séditieux pour les soldats. De fait, cette décision de justice maintient l'interdit militaire de 2008 concernant 23 livres dont ceux mentionnés plus haut.

  

Dans son article, le Korean Times indique que le droit à la liberté d'expression n'avait pas été retenu. Ce sont donc des chefs-d'œuvre de la littérature abolitionniste, de la poésie et des grandes mutations politiques de l'Histoire qui sont mis au banc de l'imprimatur militaire.  Sans détailler les raisons de ce traitement, ces ouvrages avaient été qualifiés en 2008 d'antigouvernementaux, hostiles aux États-Unis et anticapitalistes.

 

 

 

Une décision de justice que le Korean Times juge « anti-démocratique », « anachronique » et «inefficace » puisqu'elle ne concerne que les militaires en service. Et cite l'exemple de Bad samaritans du professeur d'économie à Cambridge Chang Ha-joon. Dans celui-ci, Chang critique vertement le néo-libéralisme, pourtant ce disciple de Stiglitz ne peut pas être accusé d'anti-capitalisme.

 

Selon le journal, cette censure est la réaction à des protestations contre la gouvernance du président Lee Myung-bak considérée comme trop alignée sur les États-Unis, et le refus de l'importation de viande de bœuf américain.