Les Monuments Men ont aussi sauvé des livres volés par les Nazis

Antoine Oury - 03.03.2014

Edition - Société - Monuments Men - livres volés - nazis


La semaine prochaine, George Clooney mènera toute son équipe de Monuments Men au cinéma, en espérant sauver le box-office de la dépression. Une pléiade d'acteurs ont accepté de suivre l'acteur-réalisateur, pour conter l'histoire d'une équipe dépêchée pour sauver les oeuvres d'art volées par les nazis. Le film oublie toutefois l'imposante bibliothèque que les Monuments Men ont sauvée de la destruction.

 

 

Bob Balaban, George Clooney, John Goodman, Matt Damon sont les Monuments Men

 

 

Le long-métrage de Clooney se centre principalement sur les peintures et sculptures que le commando spécial récupère au coeur des mines et entrepôts nazis, mais le groupe s'inquiétait également du devenir des ouvrages volés. Dès 1933, les nazis ont visé les ouvrages, cherchant à contrôler toute possibilité de pensée dissidente : par les autodafés, tristement célèbres, mais aussi par la collecte et la confiscation.

 

Des ouvrages appartenant à ou relayant des idées communistes, juives ou franc-maçonniques furent ainsi les premiers visés, détruits ou conservés selon leur valeur. Les copies furent envoyées en Allemagne, et le régime souhaitait constituer une bibliothèque validant leur théorie de supériorité génique, une fois les différentes cibles ethniques détruites. Le pillage des bibliothèques s'effectuait en série, et les bibliothécaires se retrouvaient parfois à aider les autorités nazies, pour sauver en toute discrétion quelques livres...

 

Dès 1944, et sur ordre du général Eisenhower, les Monuments Men sont mis sur pied pour remettre la main sur les oeuvres volées : rapidement, la récupération de collections d'ouvrages s'impose. En 1945, les Américains créent un fonds de conservation à Offenbach, où sont rapatriés les livres, dans les anciens entrepôts de I.G. Farben, société créatrice des gaz foudroyants utilisés dans les camps d'extermination...

 

En quelques années, près de 2,5 millions de livres sont passés par Offenbach. Pour retrouver les propriétaires originels de ces derniers, l'équipe passait en revue les ouvrages, à la recherche d'une signature ou d'un tampon de bibliothèque permettant de l'identifier. Les livres confisqués en URSS, eux, ne furent visiblement jamais rendus...

 

Le YIVO Institute for Jewish Research in New York, anticipant la sortie du film, a lancé une exposition sur cette page méconnue de l'histoire bibliophile : des dizaines de livres arrivés aux États-Unis après la guerre seront exposés, portant tous un, voire plusieurs tampons de bibliothèque. Une page Flickr a été mise en ligne, permettant d'observer 40 scans de ces tampons, associés à leur localisation. Des orphelins sont également présents, pour aider l'institut à identifier tous les propriétaires.

 

Et rejoindre les Monuments Men, à son tour...

 

 

 

(via The New Yorker)