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Les pertes financières d'Amazon, quelles répercussions sur Hachette ?

Clément Solym - 31.10.2014

Edition - Economie - Amazon Hachette - livre numérique comerce - internet vendeur éditeur


En juin dernier, le PDG du groupe Hachette, Arnaud Nourry, affirmait que le conflit ouvert avec Amazon n'avait qu'un « impact très limité » sur son groupe. Alors que les négociations ont certainement début en novembre 2013, et près d'un an plus tard, d'autres données économiques interviennent. Tout particulièrement après qu'Amazon a dévoilé ses derniers résultats financiers.

 

 


 

 

Avec 437 millions $ évanouis sur le dernier trimestre, Amazon a donc affiché les pires résultats en 14 ans d'existence. Alors que les ventes ont globalement augmenté sur le territoire américain dans la vente de livres, film et musique, le verdict est assez cuisant. Et, si des pertes financières sont affichées par la société cotée en Bourse, Hachette Book Group ne peut pas être passé entre les gouttes de l'orage. 

 

Bien entendu, aucune mesure directe ne peut être appliquée, et si le vendeur en ligne affiche des résultats records, dans le mauvais sens, on ignore dans quelle proportion les livres de Hachette ont pu être frappés. Sauf qu'une réalité s'impose : le groupe ne peut qu'avoir été impacté. Ou, autre facette de la médaille, les sanctions prises contre Hachette ne peuvent que peser, quelle qu'en soit la mesure, dans le mauvais bilan d'Amazon. 

 

Les ventes de livres ne représentent évidemment qu'une portion congrue dans l'activité globale du cybermarchand, mais aucun signe de réchauffement n'est encore apparu entre les deux acteurs. Et ce, alors même que le groupe Simon & Schuster a annoncé la signature d'un accord avec le revendeur, portant tout à la fois sur les livres numériques et papier. 

 

Il est indéniable – toutes les études s'accordent pour l'affirmer – qu'Amazon dispose d'une place prépondérante dans le marché du livre numérique américain. Mais là encore, quel que soit le pourcentage de parts de marché, ce n'est qu'une part congrue dans le chiffre d'affaires global. 

 

Au cœur du conflit, ce sont justement les ebooks qui font palpiter la foule, et animent les négociations : Amazon souhaite des prix bas, pour séduire les clients, et les attirer au mieux. Mais en face, on proteste : des tarifs trop peu élevés vont nuire à la santé éditoriale, et nécessairement, à la diversité des publications. Et finalement, dans la diffusion des idées, ajouterait-on volontiers. 

 

Les portes restent closes dans toute cette affaire, mais les résultats d'Amazon ouvrent une petite fenêtre…