'Les pirates sont les meilleurs clients' affirme un ancien cadre d'EMI France

Clément Solym - 01.08.2011

Edition - Société - douglas - merrill - piratage


L'information n'est pas nouvelle (notre actualitté) mais, du fait qu'elle soit régulièrement éludée par les idées reçues, son rappel n'est jamais inutile : les plus gros pirates sont aussi les plus gros consommateurs légaux de produits culturels.

Le rappel vient cette fois de Douglas C. Merrill, ancien responsable de la stratégie numérique de la maison de disques EMI, au cours d'une conférence qu'il a donné le 25 juillet dernier au CA World Expo de Sydney.

Les décideurs ne doivent pas avoir peur de faire des choses "stupides", affirme Merrill, qui rappelle que les idées à l'origine des plus grandes sociétés actuelles du Net semblaient à l'époque les plus farfelues (Google, Facebook, la télévision, l'appareil photo numérique...).

Mais le plus important est sa position concernant l'échange libre de fichiers et le piratage. Lors de son passage à EMI, l'ancien directeur des systèmes d'information de Google a analysé les comportements des internautes partageant des fichiers sur Limewire, les comparant aux plus fortes ventes sur iTunes.


Et Merrill de constater alors que les plus gros acheteurs sur iTunes étaient les mêmes qui partageaient le plus de fichiers sur Limewire. En d'autres termes, les plus gros 'voleurs' sont aussi les plus gros acheteurs.
"Ce n'est pas du vol", explique-t-il. "Il s'agit 'd'essayer avant d'acheter', une stratégie classique de marketing mais qui, en l'espèce, ne coûte même pas d'argent au producteur".

L'ancien DSI de Google avait quitté EMI sur un "constat d'échec" selon Numérama, Doug Merrill refusant de convertir à la "religion du droit d'auteur exclusif". Si l'homme n'a jamais nié que le piratage pouvait être très destructuer, il a toujours voulu attirer l'attention sur le caractère improductif de poursuivre les fans d'une oeuvre... et d'ignorer les effets bénéfiques du libre partage des fichiers.

Au final, rappelle cet expert, ce qui pousse au piratage est avant tout un manque de qualité au niveau de l'offre (et de moyens, bien sûr). Si le produit est à la hauteur du prix qui en est demandé, le consommateur aura tendance à l'acquérir de manière légale, fut-ce après l'avoir essayé "gratuitement".

(Via Computer World)