Les poètes en appellent à Hollande pour sauver Mohamed al-Ajami

Clément Solym - 19.12.2012

Edition - International - Mohamed Ibn Dhib - poète qatari - Biennale internationale des poètes


Une pétition vient d'être lancée pour attirer l'attention sur la situation de l'écrivain qatari Mohammed al-Ajami, condamné à la réclusion à perpétuité pour un poème. Malgré les manifestations d'Amnesty International et du PEN, le gouvernement n'est pas revenu sur sa décision : la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne déplore des accusations abusives et un procès à huis clos, et demande à François Hollande d'intervenir.

 


Qatar's Hamad bin Khalifa Al Thani

Affiche de l'émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al-Thani, twofourseven, CC BY-SA 2.0

 

 

Pour avoir rédigé le poème Nous sommes tous la Tunisie, dans lequel il s'adresse au premier ministre du gouvernement provisoire Mohammed Ghannouchi en déplorant les suites du Printemps arabe, le poète qatari a été condamné à la réclusion à perpétuité pour incitation au renversement du régime, d'insulte au monarque, d'atteinte à la Constitution et condamné au terme d'un procès à huis clos.

 

Prononcée le 30 novembre dernier, la sentence a évidemment choqué les organisations non gouvernementales, tandis que l'avocat de Mohamed al-Ajami promet de faire appel. (voir notre actualitté)

 

La Biennale internationale des poètes déplore le silence des gouvernements occidentaux, facilité par les réserves de gaz de l'émirat ou son aide dans certains conflits du Moyen-Orient. Le cheik Khalifa Al-Thani, comme le rappelle le blog de la Biennale, est présenté comme un libéral en raison du soutien public qu'il a manifesté pour le Printemps arabe.

Un tribunal de Doha vient de condamner à la prison à perpétuité le poète Mohamed al-Ajami, dit Ibn al-Dhib, pour avoir écrit un poème dans lequel il compare tous les pays arabes à la Tunisie en lutte contre une élite despotique. Ibn al-Dhib a été accusé d'incitation au renversement du régime, d'insulte au monarque, d'atteinte à la Constitution et condamné au terme d'un procès à huis-clos. L'émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, qui est parfois présenté comme un libéral, soutient le printemps arabe quand il se produit chez ses voisins, mais n'en veut pas chez lui...

La puissance financière de cet émirat, troisième producteur de gaz au monde, ses investissements en France (dans le PSG et ailleurs), les services qu'il a rendus aux dirigeants américains et français lors des guerres en Irak et en Lybie ne sauraient justifier le silence et la complicité des autorités françaises envers ce déni de justice. Nous demandons au président de la République française d'intervenir sans tarder pour la relaxe et la libération d'Ibn al-Dhib injustement condamné.

 

Pour autant, cela ne l'a pas empêché de condamner le poète, et la Biennale propose désormais une pétition en ligne pour inciter François Hollande à réclamer publiquement la libération de Mohamed Al-Ajami, dit Ibn al-Dhib. Parmi les premiers signataires, Jean Ristat, Jean-Pierre Siméon, Danièle Rivière, Gabriel Matzneff ou encore Michel Deguy.

 

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