medias

Les politiques américains sur la question du prêt d'ebooks

Clément Solym - 19.07.2013

Edition - Bibliothèques - prêt d'ebooks - politiques américains - prix de vente


La semaine passée, la juge en charge du procès opposant Apple au ministère de la Justice a tranché en faveur de ce dernier. La firme à la Pomme est accusée et reconnue coupable d'entente, et d'avoir artificiellement gonflé le prix de vente des livres numériques. Les consommateurs sont donc officiellement victimes de cette montée des tarifs de vente au détail - et seront remboursés...

 

 

 

 

Cependant, une autre affaire autour du prix de vente des livres numériques est en cours, et si les consommateurs sont encore au centre de cette histoire, cette fois, c'est par le biais des bibliothèques publiques de prêt. Deux cas de figure : soit l'éditeur n'a pas d'offre numérique, auquel cas, l'usager est privé d'une partie des catalogues, soit l'éditeur fixe des prix exorbitants pour ses ouvrages au format numérique, note le Huffington Post.

 

Maureen Sullivan, présidente de l'American Library Association, a dernièrement posé ouvertement la question - et en dépit des discussions nombreuses, peu d'éditeurs y ont prêté attention. Sauf que les États et les collectivités locales commencent à s'emparer du projet et s'impliquent, et donnent eux aussi de la voix. 

 

Le Connecticut semble le premier des États à se lancer dans le dossier, en reconnaissant le problème qui se pose. Dans le Maryland, le comté de Montgomery est le premier à avoir déposé une résolution le 16 juillet dernier, pour un accès équitable dans les bibliothèques aux livres numériques. Craig Rice, vice-présidente du comté estime qu'il est « extrêmement important pour tous » de favoriser un accès aux livres numériques, dans les bibliothèques, à destination des usagers.

 

D'autres élus, ailleurs, remarquent que le prix de vente pour les établissements est frappant, quand on la mesure au prix de vente au détail. Le gouverneur du Connecticut, Dan Malloy, a signé un projet de loi exigeant une étude sur la disponibilité des livres numériques dans les établissements de prêt. Elle passera en revue les prestataires, l'offre, les conditions d'accès, et bien évidemment, le coût pour les établissements. Elle examinera également les usages en cours, pour déterminer si les pratiques et conditions financières mises en place par les éditeurs posent problème.

 

Richard Conroy, président de l'association des bibliothèques de l'Etat a vu le prix de vente tripler pour les 26 établissements du Connecticut, pour le catalogue de Random House. La goutte d'eau qui mit le feu aux poudres...

 

Ailleurs, une autre étude, impulsée par Brian Sear, souhaiterait « exiger des éditeurs d'ebooks qu'ils proposent ces livres à la vente aux bibliothèques publiques et universitaires, au même tarif que ceux du grand public ». Un véritable bouleversement, quand on sait qu'un établissement achète à partir de 85 $ son ebook, contre 12,99 $ pour le public.

 

Toute une mouvance poltique qui s'intéresse de ‘prêt' à la question, donc.