Les politiques britanniques plaident pour les campagnes livresques

Julien Helmlinger - 30.10.2014

Edition - International - Campagnes de communication - Promotion de la lecture - Royaume-Uni


Au Royaume-Uni, les trois principaux partis politiques que sont les conservateurs, libéraux démocrates et autres travaillistes, apportent leur soutien à la campagne du National Literacy Forum. Une initiative, impulsée par des organes comme la National Literacy Trust et The Reading Agency, qui se destine à promouvoir les efforts d'alphabétisation à travers le territoire.

 

 

National Literacy Trust

 

 

Mardi, les initiateurs de la campagne présentaient devant le Parlement britannique leur « Vision for Literacy 2025 », un plan qui se fixe pour objectif d'assurer des compétences de lectures et d'écriture nécessaires à leur bonne réussite scolaire, d'ici une dizaine d'années, à tous les enfants nés en 2012.

 

Tandis qu'un « fossé » croissant, constaté dans les niveaux de lecture, était dernièrement dénoncé dans le royaume, les trois partis politiques britanniques les plus influents s'accordent quant à la réponse à donner à ce triste constat. Il s'agira de réduire les inégalités pointées, au détriment des enfants les plus pauvres, et assurer l'alphabétisation nécessaire afin que tous les élèves puissent sereinement aborder le secondaire.

 

Le National Literacy Forum explique que son objectif s'aligne sur celui de la campagne « Read On, Get On », lancée le mois dernier par le collectif Save the Children. Pour Jonathan Douglas, directeur de la National Literacy Trust, ce soutien des politiques, dépassant les cadres partisans, constitue un pas dans la bonne direction.

 

Le militant estime qu'il faudra néanmoins poursuivre plus loin le travail avec les décideurs politiques pour enfin « briser ce cycle intergénérationnel de mauvais niveau d'alphabétisation », et afin de s'assurer que dans un futur proche, « les enfants des familles les plus pauvres aient la chance d'avoir un meilleur avenir ».

 

Chiffres alarmants dans le Royaume

 

Pour rappel, un récent rapport, commandé en amont de la campagne Read On, Get On, indiquait que les enfants pauvres seraient les plus affectés par les mauvais niveaux de lecture. Ainsi, ils seraient 40 % à ne pas savoir « bien lire » une fois arrivés à l'âge de 11 ans, soit le double du taux observé chez les rejetons de la classe supérieure.

 

Un quart de ces enfants défavorisés posséderait moins de 10 livres à leur domicile. Pour les militants, il s'agit d'un véritable « fossé de la lecture ».

 

Déjà en 2013, l'OCDE affirmait que le niveau d'alphabétisation des 16-24 ans, en Angleterre, n'était pas meilleur que celui de la génération de leurs grands-parents. Le problème se répercute à l'âge mûr, notamment avec un risque accru d'être au chômage. À l'heure actuelle, un adulte britannique sur 6 souffrirait d'un niveau de lecture inférieur à celui attendu d'un enfant de 11 ans. 

 

Selon les enquêtes réalisées en amont de la campagne : s'il avait été fait en sorte que tous les enfants âgés de 11 ans atteignent aujourd'hui le niveau de lecture jugé satisfaisant, le PIB national de 2025 pourrait être optimisé de quelque 32 milliards £.