Les pressions sur Günter Grass se poursuivent

Clément Solym - 13.05.2012

Edition - International - Günter Grass - littérature - Israël


La controverse suscitée par le dernier poème de Günter Grass, évoquant les dangers atomiques et Israël, n'avait pas séduit tout le monde. Ainsi, dans un récent sondage, on apprenait que 48 % des Allemands considéraient, en désaccord avec le poète, que l'Iran représentait une menace plus importante qu'Israël. 

 

De son côté, le premier ministre Benjamin Netanyahu, était proprement scandalisé. « Tout d'abord, je pense que ce qu'a dit Grass est absolument scandaleux. Que cela vienne d'un lauréat allemand du prix Nobel de littérature et non d'un adolescent de parti néo-nazi, c'est encore plus scandaleux. Et cela réclame une réponse forte. Je pense que ce que dit Grass démontre un effondrement de la clarté morale. Il a créé une inversion morale parfaite où l'agresseur devient la victime et la victime l'agresseur. Où ceux qui essaient de se défendre contre la menace d'anéantissement sont devenus la menace de la paix dans le monde. » (voir notre actualitté)

 

 

 

Le texte en question, Ce qui doit être dit, avait mis le monde littéraire et politique à feu. « Pourquoi dis-je seulement aujourd'hui (...) que la puissance nucléaire d'Israël met en danger la paix du monde, déjà si fragile ? (...) Cela doit être dit, parce que si on ne le dit que demain, ce sera peut-être trop tard », chante Grass. Selon lui, le danger et la menace qu'incarne Israël sont particulièrement grands. 

 

Israël avait alors déclaré que l'auteur n'était plus le bienvenu. Le ministre de l'Intérieur Eli Yishai dénonce ainsi la tentative de Günter Grass de « nourrir les flammes de la haine envers l'État d'Israël et son peuple et ainsi de soutenir l'idée à laquelle il s'est publiquement affilié par le passé en endossant l'uniforme SS ». Le communiqué précise : « Si Günter veut continuer à diffuser son travail tordu et menteur, je suggère qu'il le fasse d'Iran, où il trouvera un public qui le soutient. » (voir notre actualitté

 

Si à l'international, on se regardait en chien de faïence, dans le monde littéraire, la polémique n'était pas moins vive non plus. Il avait été demandé au groupe PEN que l'on destitue Gûnter Grass de son poste de président de l'association littéraire internationale. À l'occasion de la rencontre annuelle qui se tenait à Rudolstadt (Allemagne de l'Est), les membres ont examiné cette demande et finalement décidé de la rejeter.  

 

Dans un communiqué, Herbert Wiesner, secrétaire général du PEN Allemagne, a fait valoir que l'écrivain allemand conservait son statut, une grande majorité des membres ayant rejeté la demande. Cependant, le PEN ne livre aucune information sur un vote et moins encore sur son résultat. 

 

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L'académie Nobel avait également été sollicitée, après qu'une association d'auteurs israéliens a demandé que l'on retire son prix Nobel à l'auteur. « Ils doivent parler. Ce n'est pas politique, mais moral, car Grass est complice de blanchiments des déclarations génocidaires des dirigeants iraniens », accusaient-ils. Peter Englund s'était montré catégorique sur le principe, expliquant que seule la valeur littéraire de son oeuvre avait été récompensée. Et qu'il ne serait pas question de revenir dessus. (voir notre actualitté)




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