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Les publics éloignés de la lecture : Quartier livre en prison

La rédaction - 22.02.2017

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Parmi les projets développés à l’occasion de l’opération Quartier Livre, dans l’esprit « Facile à lire », des meubles ont été fabriqués par des détenus, au centre pénitentiaire de Lorient-Plœmeur, sous la direction de la coordinatrice culturelle de la Ligue de l’enseignement, Emmanuelle Le Ménach.

 

 

 

Gwenola Le Deuff, enseignante spécialisée en prison, a encadré, en collaboration avec l’enseignante d’arts plastiques Marie Compagnon, la réalisation de meubles destinés à recevoir les ouvrages, dans le cadre du « Facile à lire ».

 

« Marie a proposé le projet aux détenus, qui ont manifesté leur intérêt. Il s’est d’abord agi de dessiner les futurs meubles. Les tablettes ont ensuite été réalisées par une cartonniste, Perrine Bazin, le maniement de cutters n’étant pas facile à organiser en prison. Les détenus ont ensuite fabriqué les montants, la structure, le montage, la peinture et la décoration. » Les six détenus ont été choisis parmi des personnes qui étaient plutôt éloignées du livre et de la lecture, au départ, afin de susciter un nouvel intérêt.

 

À Plœmeur, 20 % des détenus sont en situation d’illettrisme et 40 % rencontrent des difficultés de lecture. Une forte dégradation, d’après les observateurs. Dans le cadre de Quartier Livre, des séances de lecture ont été également organisées, avec le comédien Cyrille Gérard.

 

« En cours d’arts plastiques, on n’a pas souvent l’occasion de créer des œuvres collectives, et c’était l’un des grands​  intérêts du projet. Même si le projet a dû être monté à la va-vite, en fin d’année scolaire, à une période où il y a beaucoup de turn-over en prison [durant quinze jours, de mi-juin à début juillet 2016]. Nous n’avons donc pas pu mobiliser les six mêmes détenus tout au long de la réalisation. »

 

Comme toujours pour les présentoirs « Facile à lire », les ouvrages sont proposés de face, en dehors de la bibliothèque de la prison, dans laquelle la plupart des détenus ne mettent pas les pieds. Ils sont accessibles dans des lieux de passage du centre de détention, par exemple au sein de son unité sanitaire, dans la salle d’attente des soins.

 

 

On peut les emprunter, les conserver et les rapporter à sa guise. L’utilisation de matériaux divers, le fait d’avoir introduit du végétal, tant pour la construction (bambous) que pour la décoration (pochoirs réalisés à partir de fougères), a été grandement apprécié, et les liens qui se sont tissés grâce à cet atelier sont irremplaçables.

 

Faites des mots en prison, dispositif national

 

Lancé en juillet 2015, le dispositif national « Faites des mots en prison » organisé en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication (DGLFLF) veut amoindrir le taux d’illettrisme en prison – qui plafonne à plus de 10 %, et renforcer la création littéraire et la lecture en détention. En lien avec ce dispositif, la direction de l’Administration pénitentiaire a souhaité

 

lancer un concours national d’écriture poétique dans les établissements pénitentiaires, afin de favoriser l’écriture personnelle et collective. Pour la seconde édition de « Faites des mots en prison », les meilleures productions seront récompensées pendant la Semaine de la langue française et de la francophonie, courant mars 2017.

 

Le 7 avril 2017, Livre et lecture en Bretagne proposera une journée sur le livre en prison. Au cœur de cette journée, la restitution du projet régional Quartier Livre, avec des surprises et des temps d’atelier autour de la question des bibliothèques en prison.

 

contact : christine.loquet@livrelecturebretagne.fr

 

 

Gérard Alle

 

en partenariat avec Livre et lecture en Bretagne