Les Pussy Riot coupables : consternation et 'peine démesurée' (FIlippetti)

Clément Solym - 17.08.2012

Edition - Justice - Boris Akounine - Pussy Riot - condamnation


L'affaire des Pussy Riot aura fait couler de l'encre, mobilisé des personnalités, suscité une vive émotion, et un élan de solidarité à travers le monde entier. Mais rien n'y aura fait. D'un côté, l'influence forte de l'Église orthodoxe, de l'autre les pressions exercées par la présidence russe, auront eu raison du procès. La juge, Marina Syrova, fut d'ailleurs placée sous protection de l'État, hier, suite à la réception de lettres de menaces émanant de partisans des chanteuses. 

 

 

Amnesty International USA: Free Pussy Riot!

 

 

Parmi les célébrités, on compte Paul McCartney, Madonna, ou encore Sting et Yoko Ono, veuve de John Lennon, mais également plusieurs figures d'intellectuels russes, comme le blogueur Alexeï Navalny, ou encore le leader du front de gauche Sergueï Oudaltsov. Avec ces deux hommes, se trouvait dans le tribunal l'écrivain Boris Akounine ; tous trois ont en commun de représenter l'opposition et la contestation au régime de Poutine, au même titre qu'Edouard Limonov.

 

Une situation qui ne peut être négligée

 

Les trois opposants étaient présents ce vendredi, pour entendre le verdict du tribunal. La veille, Boris Akounine avait appelé tous les fans à venir soutenir le groupe de chanteuses féministes, devant le tribunal de Moscou. « Je vais arriver à la cour de district Khamovnichesky vers 15 h. Beaucoup d'autres personnes prévoient de venir également, aussi j'espère que non seulement rencontrer des personnes que je connais, mais également découvrir d'autres personnes intéressantes dans la la rue Rostovsky Pereulok. »

 

Si les protestations sur internet ont été nombreuses, l'écrivain soulignait combien la mobilisation, physique, sur place, comptait plus encore. « À mon avis, la situation de demain ne peut pas être négligée. » Après avoir participé en mars 2012 à l'exposition Visionnaires russes –vers la lumière, organisée par le fils et l'ex-femme de Mikhaïl Khodorkovski et consacrée aux Russes qui veulent une Russie différente de celle que Vladimir Poutine a forgée depuis 2000, Boris Akounine s'investit aujourd'hui dans le cas des cinq jeunes femmes du groupe punk féministe Pussy Riot.

 

 

 

 

L'affaire a débuté le 21 février 2012, lorsque ces femmes ont chanté une chanson contre Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ Saint-Sauveur à Moscou. Trois d'entre elles, arrêtées, sont mises en prison pour « hooliganisme » à l'issue d'un procès entamé le 23 juillet dernier. Boris Akounine, était là. Fin juillet, il expliquait son engagement : « Je suis préoccupé par le sort de ces personnes maintenues en détention pour des raisons incompréhensibles », a-t-il déclaré. « Ce procès ne peut provoquer que du dégoût chez toute personne normale, quelles que soient ses opinions religieuses et politiques ». (voir notre actualitté)

 

Et d'ajouter : « J'ai récemment compris l'importance de se faire entendre, il faut parler plus fort dans les rues, peut-être même crier. Plus nous ferons, mieux ce sera. C'est la plus grande chance que nous avons d'être entendus. Les participantes du groupe punk n'ont tué personne, n'ont pas volé, n'ont pas agi en criminelles. Elles ont avant tout exprimé leurs opinions. Elles ont besoin de lâcher prise ».

 

Coupables, avec ou sans procès

 

Mais rien n'y aura donc fait : Nadejda Tolokonnikova, âgée de 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, âgée de 29 ans, et Maria Alekhina, âgée de 24 ans, ont été reconnues coupables, pour ce happening anti-Poutine, avec une condamnation qui les maintiendra en prison jusqu'en 2013. Il était de toute manière impensable de demander la grâce du président : « Que ce soit lui qui nous demande, à nous et à vous, de le gracier », fustigeait Nadejda Tolokonnikova, citée par l'AFP. 

 

Leur avocat assure qu'il fera appel, continuant de dénoncer une commande politique : « C'est le théâtre de l'absurde et non une enquête ou un procès. » Et dès lundi, une nouvelle audience se tiendra, durant laquelle les avocats de la défense tenteront de faire intervenir une trentaine de témoins, parmi lesquels Vladimir Poutine en personne, mais également Kirill, le patriarche de Moscou et de toutes les Russies. 

 

En attendant, chacune a été condamnée à deux années de prison, dans un camp pénitentiaire, suite à leur petite cérémonie. Coupables de « hooliganisme motivé par la haine de la religion », mais également d'offense aux croyants, elles encourraient une peine de sept années de prison.

 

Dans son verdict, la juge aura insisté sur le sacrilège que représentaient la chanson et la danse des trois artistes, mais également leur « haine de la religion », avec à l'appui les témoignages des employés de la cathédrale et le personnel de sécurité de la cathédrale où se déroula le spectacle. Ils avaient porté plainte contre les trois chanteuses pour les « souffrances morales » que cette prière de punkettes avait occasionnées. 

 

L'intervention de la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, sur Twitter, laisse pantois

 


 

Dans un communiqué plus officiel, elle affirme sa position

 

C'est avec la plus grande consternation que la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, apprend la condamnation à deux ans de camp des trois jeunes femmes membres du groupe punk rock Pussy Riot, Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina.


La Ministre regrette profondément cette décision et cette peine manifestement démesurée, à l'encontre de trois jeunes femmes qui ont l'insolence de leurs vingt ans et le goût de la provocation qui caractérise la musique punk. Elle rappelle que la Russie est signataire de la Convention européenne des droits de l'homme.


La Ministre tient à manifester sa solidarité à ces trois jeunes femmes courageuses, à leur famille et à leurs soutiens.

 

 

La vidéo de la fameuse prière contre Poutine

 

 




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