Les régions ont investi 33 millions € pour le livre et la lecture, en 2013

Antoine Oury - 26.01.2015

Edition - Société - ministère culture communication - dépenses culturelles régions - DRAC CNL Centre national livre


L'Inspection Générale des Affaires Culturelles (IGAC) a récemment publié un rapport d'activité 2014 pour rendre compte des politiques culturelles menées en région. Un rapport qui apporte des chiffres inédits sur les investissements, et participe à la réflexion « sur les missions des services déconcentrés, qui visent à redéfinir le rôle et les implantations des services de l'État dans la nouvelle organisation régionale ».

 


Ministère de la Culture et de la Communication

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Suite aux politiques de décentralisation, le ministère a réduit ses investissements dans les régions, pour laisser peu à peu ces dernières prendre le relais. Le ministère de la Culture et de la Communication n'a pas pour autant cessé toute transaction, et effectue des dépenses en région « au titre des crédits déconcentrés et centraux, incluant les opérateurs implantés en région et ceux distribuant des soutiens, les services à compétence nationale et le secteur de la presse et de l'audiovisuel », note le rapport.

 

En 2013, révèle le rapport, le ministère de la Culture a attribué 3,335 milliards € aux dépenses d'intervention, autrement dit des aides au fonctionnement attribuées à certains opérateurs : 

  • les 2/3 de ces dépenses bénéficient à la région Île-de-France en raison du poids des opérateurs : 85 % de leurs crédits lui sont affectés et 77 % des crédits centraux ;
  • hors Île-de-France et Corse, le mouvement de déconcentration est presque arrivé à son terme : la part des crédits déconcentrés aux DRAC est la plus forte, soit 63,1 % en moyenne, mais elle est diverse selon les régions ;
  • hors Île-de-France, la part des opérateurs est de 22,5 % et de 14,4 % pour les crédits restant gérés par les administrations centrales ;
  • hors Île-de-France où elle s'élève à 158 €, la dépense par habitant et par région s'inscrit dans un écart de 1 à 2 environ : de 14 € pour la plus basse (Nord-Pas-de-Calais) à 26 € pour la plus haute (PACA).

Le rapport de l'IGAC examine également les politiques culturelles régionales, et plus particulièrement la coopération entre les régions et les DRAC, Directions Régionales des Affaires Culturelles. Au niveau des budgets, celui des régions est évalué à 730,5 millions €, et celui des DRAC à 771 millions €, hors dotation générale de décentralisation, pour les politiques culturelles de 2013.

Avec 267 M€, le spectacle vivant est le tout premier bénéficiaire des politiques des régions ; les patrimoines y occupent la deuxième place (125 M€) suivis des arts plastiques (43 M€) et du livre et de la lecture (33 M€).

 

Pour les patrimoines, les DRAC ont un rôle majeur du fait de leurs dépenses (DRAC 287 M€, régions 125 M€), mais aussi de l'exercice du contrôle scientifique et technique qu'elles assurent sur le terrain.

 

Avec une dépense de 113 M€, les régions sont en pointe pour les industries culturelles auxquelles les DRAC affectent 18 M€, l'action du ministère s'exerçant principalement par les canaux du CNC et du CNL.

Concernant les régions, l'IGAC relève que les politiques culturelles sont liées à leur compétence d'attribution :

  • la culture comme vecteur d'aménagement du territoire est l'axe fort commun à toutes les régions, prenant en compte à la fois les réseaux et les pôles structurants (réseaux labellisés, grands monuments, sites ou musées) et les équipements, festivals ou patrimoine de proximité ;
  • le développement économique s'articule autour de 3 thèmes : le soutien aux industries culturelles (cinéma et audiovisuel, chaîne du livre), la formation professionnelle et l'emploi (contrats orientation emploi formation, soutien aux groupements d'employeurs, plans régionaux de développement des formations professionnelles…), l'attractivité du territoire et le tourisme ;
  • les lycées et plus généralement l'accès des jeunes à la culture, avec le soutien à des programmes d'éducation artistique, aux pratiques culturelles des jeunes, leur accès aux institutions ou manifestations culturelles (cartes jeunes).

Parmi ces recommandations vis-à-vis du ministère de la Culture, l'IGAC note que la politique nationale pour la création, semblable à celle mise en œuvre pour le patrimoine, est bien moins efficiente :

  • le fonctionnement des réseaux labellisés de création et de diffusion, qui représente de manière récurrente la charge la plus lourde, repose sur des partenariats pluripartites entre l'État, les villes ou les intercommunalités qui en sont les principaux financeurs, les régions et, dans une moindre mesure, les départements ;
  • la situation de l'emploi des artistes, qui relève massivement du régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle, est marquée à la fois par l'instabilité et par la précarité de ceux qui en sont les bénéficiaires ;
  • l'encadrement réglementaire actuel demeure modeste, dans l'attente d'une loi relative à la création et au patrimoine, prévue à l'horizon 2015 ;
  • l'impossibilité de traduire la notion « d'expertise » en règles normées, freins par nature à la prise de risque, à l'inventivité et à l'expérimentation qui prévaut dans les domaines de la création, rend difficile l'établissement d'un système de contrôle sur des réseaux nationaux, dans l'hypothèse où le ministère n'en serait plus partenaire.

 

  Rapport Activité 2014 de l'Inspection Générale des Affaires Culturelles by ActuaLitté