Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Ibrahimovic, Yann Moix, Fifty Shades : le retour du boomerang

Nicolas Gary - 12.11.2013

Edition - Economie - taux de retour - Ibrahimovic - Hachette distribution


Ils ont compté parmi les grosses stars de l'édition de cette année 2013, ou les pointures au succès déjà proclamé avant même que les premiers exemplaires  n'entrent en librairie. Ils s'appellent Zlantan, Dan, Stephenie, EL ou Yann, titulaire depuis peu d'un Renaudot... Ce sont des vendeurs, des bankables en diable... Mais que représente réellement leur économie ?

 

 

Zlatan Ibrahimović

 

 

Le point commun de tous ces auteurs, sélectionnés par les soins de la rédaction, c'est d'être distribué par Hachette. Lequel permet de découvrir les chiffres officiels - pas les ventes GfK, les estimations Edistat et autres Electre - que le distributeur fournit à l'éditeur. Et pour le coup, il n'est pas du tout dans l'intérêt du distributeur d'aligner des chiffres surévalués, puisque c'est sur cette base qu'il rétribue l'éditeur. 

 

Voici donc quelques cas concrets de vente de livres, et surtout, de résultats commerciaux. Selon les différentes captures d'écran (disponibles en format plus large avec un simple clic), on peut en effet lire : 

  • l'Office : c'est-à-dire la mise en place dans les points de vente
  • les Réassorts : le réapprovisionnement dans lesdits points de vente
  • les Retours : le nombre de livres qui ont été renvoyés à l'éditeur
  • Solde : le nombre de titres réellement vendus
  • Taux de retour : le résultat d'une équation mettant en rapport les éléments susdits

 

Prenons le cas de Zlatan, la figure de proue du Paris Saint Germain et de la maison Lattès. Il se serait vendu 72.450 exemplaires du livre, avec plus de 107.000 exemplaires placés. Ce qui revient donc, pour la version grand format, à un taux de retour de 32,7 %. Impressionnant, mais après tout, un livre sur un pousse-citrouilles...

  

Autre cas de figure, Stephenie Meyer, et l'ensemble de ses sagas. C'est tout en bas des colonnes que l'on pourra tomber de sa chaise : les données sont plus complexes à analyser, attendu que l'on y retrouve différentes versions, mais enfin, les chiffres sont bien là. Plus de 6,2 millions de ventes, avec un taux de retour de 11,4 %. Voilà qui est à proprement parler stupéfiant.    

 

Mais il est possible de trouver plus impressionnant encore : les données relatives aux livres de Dan Brown sont assourdissantes : plus de 7,6 millions d'exemplaires, pour un taux de retour de 10,6 %. Autrement dit, seul un titre sur dix placé dans les lieux de vente serait renvoyé à l'éditeur. Un exploit ? Alors sortez les menottes, la prochaine serait dans ce cas un véritable cambriolage.

 

EL James, qui a gratifié la planète d'une saga érotico-porno entre une étudiante et un richissime pervers atteint des sommets vertigineux. Avec plus de 3,5 millions d'exemplaires écoulés, les différentes nuances de Grey plongent à 3,2 % de retours, autrement dit une réussite colossale. 

 

Car ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'un ouvrage retourné à l'éditeur lui coûte de l'argent, et moins ce dernier en reçoit, mieux se porte sa trésorerie. Et c'est ainsi que l'on parviendra au dernier exemple de notre petite enquête : Yann Moix. Très loin des offices des quatre super stars, le romancier titulaire d'un Renaudot depuis peu a intégré l'écurie Grasset, filiale du groupe Hachette, et tout comme les éditions Lattès, très logiquement distribuée par Hachette.

   

En terme de retours, si l'on ne franchit pas le mur du son, c'est en tout cas très significatif : 45,6 % de renvois à l'éditeur, près d'un livre sur deux mis en librairie. Pour l'instant, on se rend compte que Naissance, gratifié du Renaudot, affiche un taux très faible, mais il vient tout juste de commencer sa vie de livre, et on attendra encore quelques mois pour se faire une idée plus précise...

 

Ce qu'il faut prendre en compte, c'est qu'un taux de retour qui se situerait à 24 % est considéré comme bon. Tout ce qui est en dessous serait donc mieux encore.