Les revenus des auteurs réduits à 700 € par mois entre juin et septembre

Nicolas Gary - 12.05.2020

Edition - Economie - auteurs revenus crise - crise sanitaire auteurs - revenus aides fonds


Deux mois d’économie au ralenti, et des conséquences qui se profilent lourdement. Dans le secteur de la création, une nouvelle enquête alimentera les réflexions du ministère de la Culture. Quand Franck Riester réaffirme l’arrivée d’un plan d’urgence pour la filière livre, les auteurs ne peuvent que constater l’inéluctable.


Pexels CC 0
 

Tous les métiers du livre ont été touchés, frappés même. Pour ce qui concerne les auteurs, la Ligue vient de publier une nouvelle enquête. Suite de la première phase de son étude, l’idée est de déterminer l’impact de la crise. 415 auteurs ont été sollicités (on en compte quelque 5000 affiliés à l’Agessa en 2018), et les résultats ne font que confirmer des tendances fortes.

Ainsi, 80,7 % des répondants sont des professionnels, pour qui la création est l’unique ou principale activité professionnelle. 40 % d’entres eux ont souvent plusieurs métiers créatifs et/ou exercent dans plusieurs secteurs culturels.

Les conséquences de la crise sont directes : entre juin et septembre 2020, ils vivront avec 700,81 € en moyenne. Leurs revenus à court et moyen terme se sont effondrés. 

Or, malgré les déclarations d’intention du Syndicat national de l’édition, seuls 19 % des auteurs et autrices indiquent avoir reçu leurs redditions de compte de l’ensemble de leurs maisons d’édition. 37 % n’ont reçu aucune reddition de compte d’aucune maison d’édition.

Dans le même temps, preuve supplémentaire que le montage autour de cette aide est branlant, 55 % des répondants n’ont pas accès au dispositif de fonds de solidarité national. Pour le fonds SGDL/CNL, seuls 6 % déclarent y être éligibles — 55 % ne le sont pas.

Principales causes : l’accès aux différentes aides et fonds est un parcours du combattant faute d’information centralisée, de critères adaptés et d’appréhension de la réalité des métiers de la création. Et ce, notamment à cause de cette particularité d’une rémunération par nature différée et aléatoire.
 

De même, la perception des auteurs et autrices de la gestion les concernant est très négative, témoignant d’un sentiment d’abandon et de la perception d’une grave méconnaissance de leur profession.

À la lumière de ces données, il apparaît clairement que les auteurs et autrices du livre n’ayant pas d’autre métier ou protection sociale ne sont aujourd’hui pas soutenus à la hauteur de la crise.

On pourra consulter toutes les données à cette adresse. Les verbatim sont édifiants : « Nous devrions être traités comme des professionnels en crise, et non pas comme des particuliers avec des problèmes de gestion de leurs finances dont on doit valider la bonne conduite. »


Commentaires
Voilà, 20% ont eu leur reddition... alors même que cela devrait être la norme, mensualisée (au minima, l'informatique autorisant le quasi-direct).

Mais le « maillon faible » est la librairie, l'édition est en difficulté, le mal est Amazon...

Quand on veut se débarrasser de son chien, on l'accuse de la rage.
On se souviendra des organisations qui ont tiré la sonnette d'alarme pour essayer d'éviter tout ça.... et de celles qui ont juste absorbé l'argent...
Au bal des perruques poudrées, on n'entend pas les hurlements qui viennent de la base. Bientôt des têtes tomberont.
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