Les romans à l'eau de rose : produit d'une sous-culture ?

Clément Solym - 16.03.2012

Edition - Société - Richard Curtis - Maria Bustillos - Littérature romantique


Un genre littéraire en vaut-il plus qu'un autre ? Les romans à l'eau de rose seraient-ils un sous-genre, « juste pour le fun » comme l'affirme Maria Bustillos dans un article publié sur The Awl.

 

« La fiction romantique est largement reconnue comme une forme inférieure de la littérature » écrit-elle, qualifiant ce type d'ouvrages d'« addictifs, absurdes, non-intellectuels, littérature pour analphabètes, littérature pour les gens stupides ».

 

Ouch. Dur. Et pourtant, ces romans se vendent bien. Aux États-Unis, ils ont rapporté 1,35 $ de à l'édition en 2010, selon une étude de Simba Information.

 

« Je me suis souvent demandé si les romans d'amour servaient aux mêmes besoins des femmes que la pornographie pour les hommes », ajoute Maria Bustillos, qui soutient que les auteurs de romans d'amour n'écrivent que pour le plaisir des autres et non pas pour « obtenir le Booker Prize »



L'agent littéraire Richard Curtis n'a pas tardé à réagir sur ereads. Selon lui, l'idée que la littérature populaire est pour les « petites gens » est débat qui remonte aussi loin que pendant l'antiquité grecque.

 

Il affirme qu'attribuer la popularité de cette littérature à une sous-culture pourrait très bien s'opposer à un argument tout à fait contraire, pointant du doigt tous ces auteurs « sérieux », dont le lectorat n'est constitué que d'une infime élite et à l'écriture « intellectuelle, expérimentale et parfois incompréhensible ».

 

« Il est indispensable que l'establishment littéraire réalise que la littérature n'est pas une échelle avec des déchets en bas et de l'art tout en haut. C'est plutôt un écosystème dans lequel l'ésotérisme et le populaire se combinent, se fertilisent et sont interdépendants », affirme-t-il.

 

Sur le plan économique justement, les revenus générés par la littérature de science-fiction, de romance et autres genres populaires, permettent au contraire aux éditeurs de décider  d'investir dans des ouvrages plus « sérieux » et expérimentaux, selon lui. 

 

De plus, le genre évolue. Selon Pauline Millard, blogueuse du Huffington Post, il est devenu plus riche en réflexion ces dernières années, avec des personnages au profil plus recherché et un scénario plus poussé. Dernier exemple en date : Fifty Shades of Grey d'E.L. James que certains critiques ont défini comme un roman marquant un tournant du genre romantique, « l'érotisme graphique au suspense haletant ».


 

 




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