Les romans de Fred Vargas, des couvertures qui refroidissent l'ambiance

Cécile Mazin - 31.10.2017

Edition - Justice - Fred Vargas Flammarion - Viviane Hamy Vargas - couverture Vargas contrefaçon


Ce furent les adieux les plus déchirants de l’édition : Fred Vargas quittait les éditions Viviane Hamy, après 20 années de collaboration. En cause, affirmait l’auteure, le fait qu’elle ait décidé de prendre François Samuelson comme agent. Et que la fondatrice de la maison éponyme n’ait pas accepté cette idée. C’était en décembre 2014. Depuis, un procès a cours...

 


 

 

La rupture est intervenue après un courrier datant de janvier 2014, où l’éditrice manifeste expressément son désaccord. « Dès l’instant où tu garderas François Samuelson, les conclusions sont imparables », écrivait-elle. Rupture consommée, donc, qui conduira l’auteure à trouver une nouvelle maison d’édition : Flammarion. 

 

« Je ne suis pas partie comme une voleuse. Je ne suis pas devenue une femme d’argent, il n’y a rien de plus faux. Je n’ai pas changé et je veux pas qu’on me mette tout sur le dos. De moi-même, je n’aurais jamais quitté Viviane Hamy, je sais ce que je lui dois », assurait Fred Vargas dans l’Express.

 

S’ensuivra la parution de Temps glaciaires, premier titre de l’auteure de polar chez Flammarion, qui sortira en mars 2015. Et la décision, rapidement prise par Viviane Hamy, de porter plainte pour contrefaçon : selon l’éditrice, les couvertures de Flammarion reprennent des éléments des couvertures des livres de Vargas, quand elle publiait chez Viviane Hamy.

 

Et à ce titre, l’éditrice demandait à Flammarion 330.000 € de dommages-intérêt. 

 

Début octobre 2017, l’affaire était entendue par le tribunal de grande instance de Paris, qui concluait : « La couverture créée par la société VH Editions (Viviane Hamy) n’est pas originale et n’est pas protégeable par le droit d’auteur. » L’assignation en contrefaçon était donc déboutée. De même que les accusations portées pour concurrence déloyale : fin de partie ? Non point.

 

L’éditrice a hier informé l’AFP qu’elle interjettera appel de la décision du TGI, et poursuit donc son action en justice.

 

On ignore si Temps glaciaires s’inspire ou non de L’armée furieuse, mais sans aucun doute, c’est une colère glaciale qui s’instaure...