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Les soutiens aux politiques du livre : francophonie, handicap et région

Cécile Mazin - 16.01.2017

Edition - Société - soutien politique livre - handicap accessibilité bibliothèque - soutien région livre


2016, année transversale, estime l’Inspection générale des affaires culturelles, qui présente son rapport annuel. Une année marquée par ailleurs par des missions d’évaluation des politiques publiques, dans les perspectives de soutien à l’économie du livre. Dans ce secteur, plusieurs actions ont été menées.

 

livres

Julien Ortet, CC BY SA 2.0

 

 

Voilà une trentaine d’années que le ministère de la Culture travaille à un programme d’exportation du livre français, dans les pays francophones du Sud. Ainsi, dans 14 pays d’Afrique subsaharienne, ainsi que Djibouti, Madagascar, les Comores et Haïti, intervient le programme PLUS (Programme de Livres Universitaires et Scientifiques).

 

Redynamiser le programme PLUS

 

Il s’agit d’un dispositif de bonification des prix, de sorte que les ouvrages peuvent en effet être vendus à moitié du prix public en France. Cependant, le programme « tend à s’essouffler », et pas simplement du fait d’un problème de financement. Le rapport pointe « une insuffisante promotion, liée à un changement profond dans les modalités de gestion du programme ».

 

Depuis la fin du Centre d’exportation du livre français, les opérations logistiques ont été confiées à la Centrale de l’édition et la partie administrative à Horizon Education. « Or, ni la commercialisation du livre numérique, ni l’impression à la demande, ni la coédition ne constituent à l’heure actuelle des solutions immédiates de substitution, même si elles sont appelées à se développer et doivent être encouragées par les pouvoirs publics », note le rapport.

 

Un renouveau du programme PLUS est proposé, avec un budget constant. « Cette initiative ne prendrait cependant tout son sens que dans une stratégie d’ensemble, le chiffre d’affaires réalisé par l’édition française sur les marchés étrangers (20 %) pouvant être considéré comme insuffisant au regard de la place qu’occupe dans notre pays la première industrie culturelle française. »

 

Accessibilité et régions

 

Le deuxième point porte sur l’exception handicap : la loi du 7 juillet 2016 a permis d’apporter des réponses face au désert de livres et d'améliorer l’accessibilité. « Le périmètre du public bénéficiaire de l’exception handicap au droit d’auteur a été considérablement élargi. Est notamment prévu le dépôt obligatoire des fichiers sources des livres scolaires à la Bibliothèque nationale de France, à laquelle a été confiée une fonction de mutualisation des fichiers. »

 

60 % des 103 structures agréées sont des associations, et se répartissent entre services médico-sociaux pour les déficients visuels, associations et organismes publics (universités et bibliothèques). Or, la majorité des financements provient en grande partie « de la générosité publique ».

 

« La complexité d’adaptation des livres scolaires a fait l’objet d’un point d’attention précis, de même que les besoins des publics dits “dys” (personnes dyslexiques, dyspraxiques...) » pointe également le rapport.

 

Enfin vient la politique de soutien à l’économie du livre (et du cinéma) en région. La mission confiée en mai 2016 a abouti à un bilan tant de l’efficacité que des performances des dispositifs en cours. « L’évaluation intervient alors que quelques collectivités territoriales auraient exprimé la volonté de bénéficier d’une délégation de compétences de ces politiques de soutien au livre et au cinéma en région », peut-on lire. Ce principe a été expérimenté en région Bretagne, depuis le 1er janvier 2016, et s’achèvera fin janvier 2017.

 

Inspection générale des affaires culturelles - rapport 2016 by ActuaLitté on Scribd