Les squatteurs de la Barnet contre l'ordonnance d'expulsion

Clément Solym - 09.01.2013

Edition - Bibliothèques - Royaume-Uni - Conseil de Barnet - Friern Barnet Library


La bibliothèque a été contrainte à la fermeture au cours du mois d'avril 2012, et avait été investie par les militants courant septembre qui en ont fait une institution communautaire (voir notre actualitté). Et tandis que le juge a conforté les autorités locales dans leur volonté d'expulser les squatteurs, à la fin du mois de décembre dernier, les occupants ont annoncé ce 4 janvier leur refus de céder à l'ordonnance. Une obstination qui provoque désormais la colère des fonctionnaires du conseil de Barnet.

 

 

 Phoenix et son pote, squatteurs (via brokenbarnet)

 

 

Bien que les autorités locales aient reçu une ordonnance d'envoi en possession, pour le bâtiment ayant accueilli les locaux du service public, elles se sont engagées à ne pas expulser les squatteurs avant la fin du mois de janvier. Le conseil avait également évoqué l'idée d'accorder un permis à des bénévoles, afin qu'ils puissent assurer le service bibliothécaire en l'attente d'un éventuel repreneur.

 

Et la porte-parole de la bibliothèque de Friern Barnet, Pete Phoenix, avait considéré l'engagement du conseil à négocier avec les habitants, au sujet d'une possible création de service communautaire, comme une victoire pour la campagne (voir notre actualitté). Le groupe n'avait toutefois pas exclu la possibilité d'interjeter appel, tandis qu'un délai de 21 jours restait prévu à cet effet.

 

Mais pour l'avocate Sarah Sackman, défendant les squatteurs, une éventuelle expulsion constituerait une violation des articles 10 et 11 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui garantissent les droits d'expression et de réunion. Une brèche qui a sans doute ouvert la voie à la décision de faire appel.

 

Pour les autorités locales, l'heure est à la déception.  Rams Robert, en charge du portefeuille alloué aux bibliothèques, a déclaré : « Nous serions heureux de discuter avec les vrais membres de la communauté locale, mais les squatteurs doivent quitter le bâtiment. [...] Il est décevant qu'ils décident de faire appel, ce qui gaspillera encore plus l'argent des contribuables. »

 

Rappelant que le conseil de Barnet était disposé à négocier l'octroi d'une licence pour que 5 occupants de la bibliothèque continuent d'assurer un service, il a ajouté : « Je vais parler à tous les groupes qui sont bien constitués et répondre à toute question pertinente, mais si un groupe est associé avec les squatteurs, il devrait leur dire de sortir afin que nous puissions avoir des discussions impartiales avec la communauté. »