Les stagiaires, copiés-collés : un plagiat qui coûte Bonbon ?

Nicolas Gary - 27.07.2019

Edition - Justice - plagiat vocabulaire entreprise - média reprises - stagiaires vocabulaire


Stagiaires : le guide de survie de Samantha Bailly, sorti en 2016 chez Larousse aura marqué les esprits... un peu trop d’ailleurs ? Sur un ton humoristique et décalé, l’ouvrage est un décodeur original de la vie en entreprise. Entre conseils pratiques et analyses sociologiques pour aider les stagiaires à naviguer dans la vie active, ce guide est à la fois léger et incisif. 


licence pixabay

 
Problème : depuis sa sortie, ce sont des pages entières de l’ouvrage, entre autres le fameux « lexique du langage corporate » qui sont repris par de nombreux médias sans en citer la source. Vous-même, il y a de grandes chances que vous l’ayez vu passer sur vos réseaux : Strategies.fr, Brain Magazine, Happy Buisness, et même par des personnalités politiques, comme Jean-Luc Mélenchon…
 

Eh, coucou : c'est sympa, mais c'est à moi !


À chaque fois, le tableau a été repris en tronquant la source, chaque média se l’appropriant comme sa création. Et à chaque fois, c’est le buzz. La plupart, sur demande des lecteurs et lectrices repérant le plagiat, ont par la suite rectifié en citant bien l’origine de l’ouvrage. 

Evidemment, ce vocabulaire – ou plutôt cette novlangue démocratisée – peut se retrouver en entreprises, mais les fixer dans une oeuvre, sans conférer à l'autrice un droit sur les termes, implique un minimum de reconnaissance, et d’honnêteté intellectuelle. Par ailleurs le lexique humoristique  est bien issu de l'ouvrage Stagiaires : le guide de survie. On laissera le soin aux juristes d’aboutir à des conclusions plus poussées
 
Mais voici que le phénomène recommence, avec Le Bonbon, qui ne copie pas le tableau tel quel en tronquant les crédits, mais signe un article reprenant mot pour mot le lexique du langage corporate du livre de Samantha Bailly. Hier, une lectrice repère le problème, et la communauté réagit de façon vive, interpellant le site sur ses pratiques. À ce jour, aucun rectificatif n’a été fait, et Le Bonbon garde le silence.
 

 
Samantha Bailly a réagi sur son profil Facebook : « Que des idées circulent, aucun problème, mais là, c’est du mot pour mot repris par votre média, sans demander l’autorisation, et sans même citer l’autrice ! C’est remonté à mon éditeur et mon agent littéraire, mais apparemment ça ne décourage pas certains depuis des années qui reprennent des pages entières de mon ouvrage en le signant de leurs noms. Juste un minimum d’honnêteté intellectuelle ? »
La question se pose : dans ce cas, qui doit entamer une procédure ? L’éditeur, en l’occurrence Larousse, qui est détenteur des droits patrimoniaux ? L’auteur, qui peut invoquer son droit moral ? Un cas d’école. Des pratiques similaires, un peu trop, à celles dont ActuaLitté avait également été victime de la part du Bonbon.
 

Droit moral, droit patrimonial : qui intervient ?


Nous avions été contraints de rappeler au média, à plusieurs reprises, les principes de la Netiquette : on cite et on source, avec un lien. Seuls les gougnafiers se croient exempts de ces pratiques élémentaires sur internet... Après tout, même des références comme le Magazine Lire avait pratiqué ce copier-coller – et une fois bien épinglé, s'était finalement rangé du côté de plus saines pratiques.
 

« Ce guide de survie, explique Samantha Bailly, je l’ai écrit pour être et un divertissement, et un véritable outil pour les stagiaires qui démarrent dans la vie active, dans une période de grande vulnérabilité. Le terme de décryptage n’est pas anodin : le but de ce livre est de donner des clefs pour déchiffrer des systèmes. Parce que les mots ont un sens, mais aussi un pouvoir. » 

Et de poursuivre : « Je suis née d’une culture du web, je n’ai aucun problème avec la diffusion des idées et des informations, au contraire. Le droit d’auteur, on l’oublie, mais c’est autant le droit d’autoriser que d’interdire. Le problème ? On ne me demande même pas mon consentement. Voir mon travail sans cesse repris par des médias ou des partis politiques, sans en citer la source, pour tirer idéologiquement ce tableau dans tous les sens, me pose sérieusement question. Plutôt que de “générer du clic”, quand parle-t-on du sujet de fond, à savoir, les stagiaires ...? »

Dans ce guide, avec humour, on traduit « Voler les idées d’un concurrent » par « Faire un benchmark ». Certains ont déjà fait leur conclusion.


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