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Les syndicats ne veulent pas de WiFi à la BnF

Clément Solym - 26.09.2011

Edition - Bibliothèques - wifi - bnf - dangers


Ce 23 septembre était réuni le Comité Hygiène et Sécurité de la BnF, pour évoquer un projet de déploiement du WiFi dans deux espaces : la salle Ovale de Richelieu, ainsi que sur Tolbiac, au LABO.

L'histoire du WiFi dans les lieux publics ne date pas d'hier : depuis plusieurs années, les syndicats pointent que l'installation de ce type d'accès au net entre en conflit avec les règles de sécurité, en ce qu'il peut être dangereux pour la santé des personnels, autant que des usagers. (voir notre actualitté) En outre, rappelons que l'OMS a classé les ondes électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes, groupe 2B.

Du rif-WiFi en perspective

Dans un communiqué, l'intersyndicale FSU, CGT et CFDT fait valoir son opposition, votée à l'unanimité, devant la mise en place d'un accès WiFi sur les deux espaces cités. Un vote qui n'est que consultatif, soulignent les syndicats, et sur lequel Jacqueline Sanson, directrice générale de la Bibliothèque nationale, s'exprimera sous huit jours.

C'est qu'au cours de cette réunion du CHS, dont Jacqueline Sanson est également la responsable, plusieurs experts ont été sollicités par les syndicats pour faire valoir les problèmes liés à l'installation du WiFi. Le professeur Belpomme de Paris 5 Descartes, Étienne Cendrier de l’association nationale Robin des Toits et Agnès Dutrevis, agent de la Bibliothèque administrative de la Ville de Paris et membre du CHS de la Ville, ont ainsi pu exposer les risques sanitaires d'un tel projet.

« Cette technologie, par ailleurs, n'est pas la plus fiable et la plus adaptée à la transmission rapide de données contrairement à la fibre optique, solution alternative portée par les organisations syndicales et leurs experts », ajoutent les syndicats. C'est donc dans le respect du principe de précaution que les syndicats se sont opposés à ce projet.

Entre mobilier et immobilité...

Du côté de la direction, on faisait valoir que pour la salle de lecture de Richelieu, le mobilier n'était pas adapté à recevoir des câbles pour une connexion filaire. Pourtant, rétorquent les syndicats, les utilisateurs sont en poste fixe, et ne se déplacent pas avec leur ordinateur : quel intérêt donc que de déployer de l'internet sans fil ?
 

Pour Tolbiac, l'idée semblait plus judicieuse. En effet, dans l'espace LABO, 25 iPads devaient être mis en démonstration - et comme on le sait, la tablette d'Apple ne dispose pas de port permettant la connexion d'un câble réseau.

Le LABO BnF

Mais les syndicats mettent le doigt sur un double paradoxe. D'un côté, les appareils seront branchés à deux câbles : l'un pour assurer l'alimentation électrique, l'autre pour alerter de toute tentative de les débrancher - et donc éviter les vols. « Quel intérêt de vouloir donc démontrer les capacités de mobilité d'un appareil, si c'est pour l'astreindre à un poste fixe », interroge le FSU, contacté par ActuaLitté.

... ou de partenaires ?

L'autre point est plus pernicieux : les iPads en question n'auraient, selon le syndicat, été reliés qu'à la seule offre documentaire du kiosque Orange, qui est tout à la fois bailleur de fonds et partenaire commercial de l'espace. On se souvient que c'est à ce titre que Christine Albanel était venu inaugurer l'espace, avec Bruno Racine. (voir notre actualitté)

Les syndicats soupçonnent alors que la BnF n'aurait pas les mains libres, soumises à la volonté de son partenaire et de ses impératifs commerciaux. « Si l'iPad ne peut pas se connecter en filaire, n'existe-t-il pas d'autres appareils qui le pourraient, quitte à les assigner à des postes fixes et les voir reliés à des fils ? » Et sans compter qu'un espace presse est accessible dans la BnF, qui serait alors concurrencé diablement par le kiosque Orange.

En l'occurrence, si le projet de connecter ces deux espaces en WiFi pose problème, il faut souligner que Jacqueline Sanson se prononçait, dans l'édition du 9 septembre de LivresHebdo, sur la généralisation d'un accès WiFi dans la BnF. Une solution qu'elle avait alors évoqué dans la presse, avant même que le CHS ne se réunisse pour discuter des deux premiers espaces concernés.

En dépit de nos différentes tentatives pour entrer en contact avec Jacqueline Sanson, ou un responsable de la BnF, nous n'avons pour le moment pas pu obtenir de réactions de la part de l'établissement.