Édition : "Que la Poste revienne à sa mission de service public"

Cécile Mazin - 09.07.2015

Edition - Economie - Poste livres - tarifs postaux - envois livres


Libraires, éditeurs – et par conséquent, auteurs – sont tous d’accord : les modifications de conditions tarifaires de La Poste mettent un joyeux coup de plomb dans l’aile de l’édition. Depuis le 1er janvier dernier, les tarifs ont été modifiés, et la tolérance en vigueur s’est mue en une règle implacable. Pour trois centimètres, le monde s’effondre...

 

Boîte aux lettres de La Poste

Frédéric Bisson, CC BY 2.0

 

 

Il est vrai que le nez de Cléopâtre, s’il avait été plus court, aurait été moins long, mais dans l’édition, on ne s’attendait pas à avoir un problème de taille, laquelle est de 3 cm. Les coûts d’expédition ont été revus, corrigés, et désormais, l’édition s’inquiète de la manière dont ses services de presse et autres ventes par correspondance vont bien pouvoir se dérouler.

 

« La Poste nous a expliqué que désormais, c’est du Colissimo obligatoire – et donc le tarif qui va avec. » Si le SNE a sollicité ses membres en mai dernier, afin de mieux pouvoir négocier avec La Poste, le Syndicat de la librairie française escompte bien pouvoir disposer des mêmes avantages. 

 

L’idée est simple : si le nombre d’envois est marginal, l’opérateur des postes se montrera plus enclin à accepter des négociations. Dans le cas contraire, il sera difficile de faire revenir la société en arrière. Raison pour laquelle les membres du Syndicat de l’édition étaient invités à apporter leur contribution.

 

Or, si les éditeurs parviennent à un accord, et « un tarif spécifique pour leurs services de presse, il n’y a aucune raison pour que les libraires n’en profitent pas », nous précisait le Syndicat de la librairie. « Tout d’abord, seuls les libraires les plus importants parviennent à négocier des tarifs sur le prix des Colissimos. Même avec ces négociations, les tarifs restent prohibitifs. Soit les libraires répercutent ces frais de port et ils ne sont pas compétitifs par rapport à Amazon, soit ils rognent sur leurs marges et se retrouvent vite déficitaires… D’où l’importance d’un tarif postal adapté à l’envoi de livres par les professionnels. »

 

Le Salon de l’autre Livre, qui réunit des éditeurs indépendants chaque automne – et cette année du 13 au 15 novembre – entend porter le fer un peu plus loin. « Au cours de cette année, nous avons tous entendu que la Poste a fâché l’ensemble du monde du livre, outre les augmentations à répétition de ses tarifs, elle impose désormais à tous les envois de plus de 3 cm d’épaisseur le tarif colissimo. La Poste s’est attirée les foudres des libraires et des éditeurs, dont les coûts d’expédition, ont doublé de ce fait », indique l’association.

 

Au cours du Salon, plusieurs badges seront offerts aux visiteurs, pour que ces derniers apportent leur soutien, avec un message assez facile : « La Poste tue le livre », décliné en différentes versions. Et d’appeler à ce que La Poste « revienne à sa mission de service public ». 

 

 

Le Salon conclut : « Cela peut sembler d’une autre époque et pourtant c’est bien présent au cœur des besoins de notre monde. Nos galaxies de papiers méritent bien autant de soins qu’un transfert de fonds par satellite dans un paradis fiscal. »


Pour approfondir

Editeur :
Genre : architecture...
Total pages :
Traducteur : françois maspero
ISBN : 9782204084628

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