Les taxes commerciales britanniques bientôt réformées, les libraires ravis

Antoine Oury - 18.03.2015

Edition - Librairies - librairies britanniques - taxe commerciale loyer - Booksellers Association


Les libraires britanniques, comme ailleurs, peinent à boucler leurs fins de mois. Loyer en hausse, désertification des centres-villes, concurrence numérique... Mais, surtout, comme nous l'avait précisé Tim Walker, président de la Booksellers Association, le poids financier des taxes commerciales. Le gouvernement britannique a réjoui l'organisation des libraires, en annonçant une réforme de ce prélèvement fiscal pour 2016.

 


Tim Walker (Bookseller's Association) - London Book Fair 2014

Tim Walker, président de la Booksellers Association (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Plus qu'un prix unique ou une réglementation visant Amazon et les autres concurrents, cette réforme était particulièrement attendue par la Bookseller Association : « Les taxes commerciales sont un véritable problème pour les libraires indépendants. Le système utilisé par le gouvernement pour taxer les propriétés commerciales est obsolète, et doit être modifié. Le consortium des commerces et la BA concentrent leur lobbying sur ce point particulier », nous expliquait Tim Walker, président de la Booksellers Association, en avril 2014.

 

Presque un an plus tard, le lobbying de la BA a porté ses fruits : « Le temps est venu d'une réforme de cette taxe importante. Nous voulons être certains que le système des taxes commerciales est juste, efficace et utile », a souligné Danny Alexander, secrétaire général du Trésor britannique. Cette taxe rapporterait 25 milliards £ par an aux finances du pays, rappelle The Bookseller.

 

Une étude a été confiée, et les premiers résultats effectifs devraient être visibles en 2016. Le Trésor a toutefois prévenu que la réforme ne porterait pas sur les taux eux-mêmes, mais vraisemblablement sur le nombre de sociétés soumises à cette taxe, et l'usage des fonds ainsi collectés.

 

En septembre dernier, une centaine de sociétés, dont Foyles, Waterstones et WH Smith, chaînes de librairies britanniques, avaient dénoncé une taxe devenue « un problème critique » pour de nombreux commerces.

 

Shabana Mahmood, la secrétaire du Trésor du Labour, parti de l'opposition, a souligné qu'il faudrait « plus qu'une nouvelle annonce d'étude. Le Labour va immédiatement agir en baissant et en gelant les taux des taxes commerciales pour les petits commerces ».