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Les Terres au couchant, un inédit (1956) de Julien Gracq pour octobre

Clément Solym - 14.08.2014

Edition - Les maisons - Julien Gracq - inédit - José Corti


Disparu en 2007, Julien Gracq était l'écrivain d'une maison, mais surtout, un auteur jaloux de ses textes : seules les oeuvres accomplies devaient parvenir au public. Or, depuis quelques années, les inédits se retrouvent à la pelle, et l'on publie des textes de Gracq, jusqu'à lors inconnus, avec une belle régularité. 

 

 

 

Cela avait commencé, pourrait-on dire, du vivant de l'auteur. Un texte avait été accordé au Monde des livres, en février 2000, alors qu'il n'avait plus rien fait paraître depuis les Carnes du grand chemin, en 1992. Les oeuvres suivantes furent des rééditions de textes plus anciens. José Corti, l'éditeur,  propose d'ailleurs de retrouver le fameux texte expédié au Monde.

 

L'auteur fut emporté en décembre 2007, dans un hommage unanime d'une presse qui l'avait déjà consacré - rendez-vous compte, refuser en Goncourt pour le Rivage des Syrtes, en 1951, cela ne s'était pas vu très souvent. L'intégralité de ses manuscrits ont été remis à la Bibliothèque nationale de France, et celle, universitaire, d'Angers devait en recevoir une copie. 

 

Or, sur l'ensemble, 29 cahiers qu'il avait intitulés Notules, et qui contiennent 3500 pages jamais publiées, avec notamment deux volumes de Lettrines. Or, il était impératif de repescter une période de vingt années après la mort de Gracq, selon ses propres volontés, pour que la partie inédite des Cahiers soit présentée au public. Or, les carnets incarnent bien le testament littéraire, puisque les Entretiens de 2002, publiés chez Corti, ne sont qu'un recueil de différentes interviews accordées au cours des 30 dernières années. 

 

Voici qui explique en partie que la presse dégaine rapidement dès qu'un inédit pointe son nez. Ce fut d'ailleurs en 2011. ON avait exhumé des souvenirs de guerre de l'écrivain, deux récits, Les manuscrits de guerre, qui contenait les textes de souvenirs. Le premier, Récit, laissait apercevoir ce que serait Un balcon en forêt, qui sortit en 1958, et fut porté au cinéma par Michel Mitrani.

 

 

Or, voilà que trois ans plus tard, c'est un nouvel inédit de Gracq que promet l'éditeur : Les terres du couchant sera publié cet automne - et il ne sera pas possible, cette fois, à l'auteur de refuser un Goncourt. Le texte remonte à 1956 et raconte l'histoire d'une ville que des barbares ont prise d'assaut. Selon l'éditeur : « Dans un royaume sur le point d'être envahi par les barbares, une ville assiégée reçoit l'aide de volontaires qui prennent la route pour la rejoindre. Le narrateur fait partie du voyage. »

 

Le mot et la chose rappelle

Bernhild Boie, chercheur et ayant-droit de l'auteur (on lui doit notamment l'édition critique de La Pléiade) a en effet travaillé avec Bertrand et postfacéLes Terres du couchant. Roman qui, pour Gracq, n'avait pas trouvé sa forme définitive : un « roman aux accents d'épopée où Histoire et Terre se répondent et où les plus lumineuses images d'une vie épanouie dans la nature voisinent avec les visions enténébrées d'un mauvais sabbat.. » (Bernhild Boie). 

 

Le livre est prévu pour le 9 octobre. D'ailleurs, il ne reste que trois petites années avant de découvrir les carnets encore secrets. De nouvelles parutions en perspective.