Les Travailleurs à domicile rencontraient le syndicat national de l'édition

Nicolas Gary - 11.10.2016

Edition - Les maisons - correcteurs travailleurs domicile - syndicat national édition - négociation rémunération travail


Les syndicats avaient rendez-vous à la Délégation générale du Travail ce 7 octobre avec le Syndicat national de l’édition pour discuter du statut des Travailleurs à domicile (TAD). Une date attendue depuis la dernière rencontre, en juin dernier, qui n’avait pas franchement abouti. 

 

crédit @CorrecteursPrécaires

 

 

« La moindre des choses constatées, c’est que tout cela avance très lentement », confie une correctrice. Cette corporation avait pourtant le vent en poupe : plusieurs parlementaires avaient sollicité la ministre de la Culture au cours des dernières semaines. Les questions pointaient avant tout le statut de Travailleur à Domicile, assez loin des préoccupations réelles. Au cœur du problème, le statut d’autoentrepreneur, qui s’imposait par la force des choses.

 

Or, une nouvelle question parlementaire, posée par René Rouquet (socialiste, écologiste et républicain), mettait un peu plus l’accent sur les détails : « [T]ravailleurs à domicile, leurs rémunérations sont trop fluctuantes et imprévisibles car ils n’ont aucune garantie du nombre d’heures travaillées qu’ils feront chaque mois et car la Convention nationale de l’édition n’impose aucune salaire mensuel minimum aux employeurs. »

 

Mettre un terme « à cette injustice de traitement » était donc le sujet de toute la situation. Fin juin, les correcteurs déploraient de n’avoir reçu aucune réponse à leurs différentes demandes, baisse de la cadence, passage au statut cadre, non-avance des frais de mutuelle, paiement du 1er mai, etc. Et en attendant qu’Audrey Azoulay se manifeste, les discussions du 7 octobre n’ont pas été des plus concluantes.

 

Comme l’avaient assuré à ActuaLitté Alain Bergdoll, Président de la Commission sociale du Syndicat national de l’édition et Axelle Chambost, qui anime les travaux de la Commission sociale, un projet de Recommandation commune a été présenté. Assez distinct des Recommandations formulées en juin, ce dernier comprend encore « des points qu’il faudra discuter », nous précise-t-on.

 

Le suivi du dossier, prévu pour le 18 novembre

 

L’autre point de la discussion touche aux améliorations suggérées depuis mi-mars portant sur l’Annexe IV de la Convention nationale de l’édition. « Les parties sont conscientes des enjeux et soucieuses de poursuivre le dialogue pour définir des solutions adaptées après discussion entre les partenaires sociaux », nous assuraient les représentants du SNE. Mais au terme des échanges avec les syndicats, la révision de l’Annexe IV ne semble pas vraiment d’actualité.

 

« Le “mon Mac et moi on n’en peut plus” est particulièrement savoureux : nous sommes principalement des correctrices et, au vu de la moyenne des revenus (50 % des salariés n’atteignant pas le SMIC annuel), nos employeurs doivent considérer que nous dépendons d’un mari mieux loti... »

 

 

De même, le passage au statut Cadre pour les correcteurs ou le passage à 12.000 signes de l’heure pour les travaux de correction et à 6 à 8 000 signes de l’heure pour les travaux de préparation de copie n’ont pas remporté l’adhésion globale. La question des 12.000 signes avait été jusqu’à lors gentiment écartée, au prétexte qu’il existe des logiciels permettant le nettoyage du texte – qui arriverait propre et toiletté au correcteur. 

 

Le SNE mène actuellement une enquête relatives portant sur les métiers et les compétences, qui devrait éclairer les employeurs sur la nécessité de ralentir le rythme de lecture des textes.

 

Il semble toutefois que d’autres points aient pu être négociés favorablement. Notamment sur le fait que le contrat du TAD devra comporter un niveau prévisible d’activité – avec la possibilité d’une réévaluation annuelle. De même le lissage de la rémunération est accepté, à condition que les deux parties s’entendent. 

 

Une prochaine rencontre a été convenue le 18 novembre, et les négociations seront complexes. Entre la volonté des syndicats d’aboutir à une modification du texte de loi et celle du SNE de ne recourir qu’à des recommandations, trouver un accord nécessitera de ne pas faire de fautes...