Les usagers des bibliothèques sont aussi de grands acheteurs de livres

Antoine Oury - 29.05.2019

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En donnant accès gratuitement à une diversité de livres, les bibliothèques sont souvent soupçonnées d'aller à l'encontre des ventes de livres. Rien n'est plus faux, assure BookNet Canada, qui a étudié la corrélation entre les emprunts de livres d'un usager et les achats de livres de ce dernier. Et, surprise, ceux qui lisent beaucoup grâce aux bibliothèques prolongent cette activité avec des ouvrages achetés avec leurs propres deniers.

Médiathèque Alexis de Tocqueville de Caen
La médiathèque Alexis de Tocqueville, à Caen (photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


BookNet Canada l'annonce d'emblée : les bibliothèques participent à l'économie du livre, même lorsqu'elles proposent d'accéder gratuitement à des ouvrages. L'organisme a voulu quantifier et qualifier cette participation, par l'intermédiaire des habitudes des usagers : 14.159 personnes ont été interrogées sur l'année 2018, et classées en plusieurs catégories : ceux qui achètent des livres (au moins un livre acheté sur l'année, 21 %), ceux qui empruntent (au moins un titre emprunté, 28 %), ceux qui achètent et empruntent (8 %) et ceux qui, c'est dommage pour eux, ne font ni l'un ni l'autre (59 %).

(Buyers : acheteurs ; borrowers : emprunteurs ; checkouts : emprunts ; purchases : achats)
(BookNet Canada)
 
À partir des données fournies par les personnes interrogées, et en établissant des moyennes, BookNet annonce que les « acheteurs » se procurent environ 2,8 livres par mois, un chiffre qui monte à 3 livres lorsque ces mêmes acheteurs se sont rendus en bibliothèque dans le mois. À l'inverse, les « acheteurs » qui n'ont pas poussé la porte de la bibliothèque ne s'offrent que 2,6 livres par mois. Quant aux « acheteurs-emprunteurs », ils achètent en moyenne 3 livres par mois.

Il semblerait même que le nombre de visites en bibliothèque par mois augmenterait proportionnellement le nombre d'achats : ceux qui s'y rendent entre 1 et 4 fois par mois achètent en moyenne 2,7 livres, entre 5 et 9 fois par mois, 3,1 livres et entre 10 et 14 fois par mois (2 % des interrogés) 6,1 livres... Ensuite, le nombre d'ouvrages achetés décroit, pour atteindre à nouveau 3 titres pour 20 visites ou plus à la bibliothèque par mois.

En explorant plus précisément les formats des livres, BookNet relève que 41 % « acheteurs-emprunteurs » ont acheté un ouvrage imprimé en 2018, 12 % ont payé pour un livre numérique et 4 % pour un livre audio. 

Sans surprise, la bibliothèque semble l'endroit parfait pour découvrir de nouveaux auteurs, de nouveaux genres : la gratuité de l'accès permet de sortir des sentiers battus. 28 % des « acheteurs emprunteurs » ont ainsi acheté un livre, car ils en appréciaient l'auteur ou le sujet, 23 % car ils avaient déjà lu un livre du même auteur. Cependant, 3 % seulement ont acheté un livre sur recommandation d'un bibliothécaire.

D'une manière générale, la bibliothèque fait partie des moyens les plus populaires pour découvrir des livres : elle se place en quatrième position, selon l'ensemble des interrogés, derrière le bouche-à-oreille, les librairies et internet. 

Les motivations des emprunteurs quant à la lecture sont sensiblement proches de celles des acheteurs de livres : se détendre et découvrir de nouveaux univers. Mais les usagers des bibliothèques canadiennes semblent présenter un profil plus étudiant que le reste des lecteurs, avec une tendance à se rendre en bibliothèque pour les études et l'apprentissage.
 

Pour revenir sur la question de la cannibalisation, BookNet note que le succès en librairie n'empêche pas un grand nombre d'emprunts en bibliothèque, et vice-versa : en 2018, les catégories de livres les plus vendus étaient les ouvrages young adult (39 %), la non-fiction (34 %) et la fiction (26 %). En bibliothèque, on retrouve les mêmes catégories pour les livres les plus empruntés : le young adult (48 %), la fiction (27 %) et la non-fiction (25 %).
 
 




Commentaires
Quoi de plus normal? Quand on suit l'actualité littéraire, la lecture étant un moment privilégié de sa vie, on est assez impatient, tant de découvrir que de relire des auteurs oubliés et réédités. Et les médiathèques ne peuvent suivre cette actualité là à la vitesse de nos envies. Donc on acquiert, souvent après commande. Impossible d'attendre le bon vouloir des bibliothèques. Et l'invasion continue, chez soi, même si l'on sait à l'avance que l'on ne relira probablement pas ce que l'on vient d'acquérir et de lire...
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