Les ventes de livres papier en chute libre aux Etats-Unis

Clément Solym - 03.02.2012

Edition - International - Etats-Unis - AAP - Vente


Après les démonstrations de force entre éditeurs concernant la vente de tablettes et d'ebooks pendant la période de Noël, il fallait nécessairement s'attendre à entrevoir un jour ou l'autre le revers de la médaille.

 

Et voilà, c'est désormais fait. L'Association of American Publishers (AAP) a dévoilé ses conclusions. Et c'est un véritable coup de bambou pour les éditeurs. Les chiffres sont mauvais, très mauvais. L'initié s'y attendait peu ou prou, mais c'est ici, l'on assiste à une révélation en preuves et en images. Sur le mois de novembre, la vente des livres physiques pour adultes (non, il ne faut pas comprendre ici « Rated R ») ont généré des revenus inférieurs de 20 % à ce qu'ils étaient l'an dernier.

 

Et encore, ce n'est que révélateur de la crise qui touche le livre papier sur l'année. Parce que, ce chiffre de - 20 % se retrouve dans chacun des onze premiers mois de l'année 2011. On devrait donc atteindre une diminution générale de la vente des livres physiques aux États-Unis de près de 20 % en une année.

 

« Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté » Alain

 

Oui, je sais. Tout comme Alain, vous allez me dire que cette baisse est largement compensée par la vente de livres numériques, mais figurez-vous que ce n'est pas entièrement le cas. L'étude rapporte en effet que les ventes d'ebooks ont presque triplé, mais elle rapporte qu'au total le marché du livre américain a perdu globalement 5 % en une année.

 

Petite fantaisie ou pas, une ligne « Toutes religions, tous formats » est insérée en plein milieu du rapport. Et le chiffre qui y est indiqué peut être révélateur du flou, voire du mysticisme, qui entoure l'avenir de l'édition. Sachez donc qu'aux États-Unis la vente de livres religieux progresse de 8,5 %.

 

Sur leur site Internet, l'AAP soutient que « ses 300 membres construisent le futur de l'édition ». Étant donné les chiffres qu'ils annoncent, la tâche s'annonce ardue. Et puis 300 ? N'était-ce pas d'ailleurs le nombre de ces sacrifiés des Thermopyles menés par le roi spartiate Leonidas pendant les guerres médiques ?


 

 

Chargé de ralentir l'armée gigantesque du roi Xerxès, ils avaient péri en réussissant leur entreprise. Les peuples grecs avaient su s'unir pour défier le roi perse et le vaincre à Platée un an plus tard.

 

De là à dire que tout comme les 300 Spartiates, la fabuleuse entreprise de l'AAP - à savoir bâtir l'édition de demain - relève du sacerdoce, il n'y aurait qu'un pas...