Les voeux à la Culture de François Hollande - une partie de la culture

Nicolas Gary - 19.01.2015

Edition - Société - François Hollande - inauguration Philharmonie - monde édition


Le 15 janvier dernier, le président de la République a adressé, nous apprend son agenda, ses vœux au monde de la Culture. A l'occasion de l'inauguration de la Philharmonie de Paris, presque parvenue au terme de ses 5 années de chantier, François Hollande a reçu une standing ovation, démultipliée par l'acoustique de rêve. Sauf qu'un petit couac, inattendu, a surgi...

 

 

 

 

L'accueil a été chaleureux, assure le service de presse de l'Élysée, et le président flamboyant, rappelant que la culture effraie les terroristes, « parce qu'elle est insolente, parce qu'elle est irrespectueuse, parce qu'elle est libre, parce qu'elle est humaine ». Au fil du discours, le chef de l'exécutif insiste que cette culture incarne « tout le contraire de l'obscurantisme, du fondamentalisme, du fanatisme. La culture a toujours été redoutée par les dictatures. Ce sont elles qui brûlent les livres, censurent les films, détruisent le patrimoine. On pourrait remonter au XXe siècle. La barbarie nazie suffirait à le démontrer ».

 

Tiens, le livre. Jolie référence, qui servira d'ailleurs à conclure le fameux discours présidentiel, avec une citation de Cervantes : « Là où il y a de la musique, il n'y a pas de place pour le mal », déclare François Hollande, se demandant si « la musique de l'Orchestre de Paris chassera le mal à elle seule ». Personne n'a encore de réponse à la question, mais une autre est venue poindre. 

 

C'est que, dans cette salve d'applaudissements, nombre de personnalités du monde de la Musique se retrouvaient bien assises – fort logiquement. Ainsi, l'Opéra était également à son aise, de même que la Danse. Et puis, d'autres venues du théâtre, des directeurs et des propriétaires de salles parisiennes, bien entendu. Certes, l'absence de Jean Nouvel, l'architecte star, lauréat du prix Pritzker 2008 (équivalent du Nobel d'architecture), était remarquée, ce dernier avait fait ce qu'il fallait pour porter haut ses doléances. Pas plus que Pierre Boulez, un peu fatigué à 90 ans.

 

L'Élysée, sollicité par ActuaLitté, se dédouane : « Nous n'avions pour charge que l'accréditation des journalistes, au cours de cette soirée. Pour les invitations de personnalités, il faut vous tourner vers le ministère de la Culture. » Sitôt dit, sitôt fait : mais on n'a pas vraiment de réponse à nous apporter.

 

Retour vers l'Élysée, qui nous assure cette fois que c'est la Philharmonie qui a géré les invitations. Avec une petite précision : ce n'étaient pas les vœux à la Culture, « mais avant tout l'inauguration de la salle ». Et accessoirement, il ne devrait pas y avoir de vœux, cette année, adressés au monde de la culture : « L'inauguration a fait office, mais l'exercice n'aura probablement pas lieu cette année. » 

 

La Philharmonie, qu'on avait l'impression de vraiment déranger, nous envoie gentiment sur les roses : les personnalités du monde de l'édition, pour l'occasion de ce concert, ce n'était manifestement pas une priorité. Et si l'on a besoin de l'information, on nous invite à rappeler. Avec 45.000 personnes reçues, cinq jours après l'ouverture, la salle est comble, on a d'autres chats à fouetter.

 

Un tour d'horizon des acteurs majeurs de l'édition nous a cependant confirmé que personne n'avait reçu d'invitation pour le concert du soir même – et donc, pas de vœux, même si François Hollande n'en a pas vraiment présenté officiellement. Enfin... c'est compliqué... D'ailleurs, le monde du cinéma n'était pas particulièrement présent non plus.

 

Le matin de cette inauguration, le président était allé présenter ses vœux aux Armées à Toulon : faut-il s'attendre à un casus belli ?