Libération effective de l'éditeur turc Ragip Zarakolu

Clément Solym - 11.04.2012

Edition - Justice - Ragip Zarakolu - Turquie - libération


L'éditeur turc Ragip Zarakalu est coutumier des prisons du pays. Depuis des années, ce dernier a des problèmes avec la justice, que ce soit pour la publication d'un texte d'Apollinaire, pour insultes contre le pays, ou encore des accusations de terrorisme. 

 

En novembre 2011, l'éditeur était en effet arrêté, la Turquie considérant qu'il représente une menace terroriste pour le pays, avec son fils. « La police a passé des heures à mon domicile à chercher des documents contenant les mots "autonomie" et "kurde". Alors qu'ils n'en ont pas trouvé, ils partaient inspecter mon voisinage, mais les avocats présents les en ont empêchés », expliquai-il.

 

Un appel a été lancé pour demander sa libération immédiate, soutenu par l'Union internationale des éditeurs et le PEN international. Bjørn Smith-Simonsen, Président du comité liberté de publier de l'Union internationale des éditeurs (UIE) déclarait  : « Aujourd'hui, il ne s'agit pas seulement de la survie de la maison d'édition Belge fondée en 1977 par Ragıp Zarakolu et son épouse. En mettant cet homme derrière les barreaux, les autorités veulent s'assurer que ce travail fondamental de Zarakolu – documenter, recenser, rendre publiques TOUTES les violations de liberté de publier en Turquie – prenne fin. » (voir notre actualitté

 

 

 

Or, le GIT France vient d'annoncer la libération de l'éditeur, avec quatorze autres prisonniers politiques, ce 10 avril, « en vertu de la loi anti-terreur ». 

 

« Le 19 mars 2012, le Procureur public d'Istanbul, Adnan Çimen, avait requis respectivement 15 à 22,5 ans d'emprisonnement contre Büşra Ersanlı pour son rôle comme « responsable d'une organisation illégale » et 7,5 à 15 ans Ragıp Zarakolu pour avoir « soutenu et aidé une organisation illégale ». L'acte d'accusation de 2 400 pages a été transmis au tribunal (15e cour). 193 personnes étaient visées par les actes d'accusation, dont 147 détenus préventivement », souligne l'organisation.

 

Cette libération est encourageante, précise le GIP, qui espère surtout que d'autres viendront, mais surtout, attend que désormais les poursuites contre lui et les autres prisonniers soient abandonnées, du fait que les charges « ne sont aujourd'hui que conditionnelles ».

 

« Le procès de Ragıp Zarakolu est toujours prévu pour le 2 juillet à Silivri. Sa libération pourrait cependant être en relation avec le vide du dossier d'accusation, en dépit des efforts du procureur pour convaincre du contraire. En prison, Ragıp Zarakolu n'a cessé de se battre, de correspondre avec ses amis, d'aider ses co-détenus. Nul doute qu'en liberté, il continuera ce combat qui l'honore depuis tant d'années. »