Libéré, Jean-Marc Rouillan retourne chez l'éditeur Agone

Clément Solym - 18.05.2012

Edition - Justice - Jean-Marc Rouillan - Action Directe - liberté


Jean-Marc Rouillan bénéficie dès aujourd'hui d'une liberté conditionnelle, après 24 années de prison et plusieurs périodes de semi-liberté. Ainsi, depuis un an, il portait un bracelet électronique dans le cadre d'une réinsertion progressive. Les éditions Agone, qui l'avait accueilli dans leur équipe, retrouvent donc leur employé, à plein temps cette fois.

 

L'ancien membre d'Action Directe aspire désormais à une existence apaisée : « Je suis allé aux Baumettes à 9h, j'ai rendu le bracelet électronique et l'appareil de surveillance de probation » s'est-il contenté d'expliquer aux journalistes. On se souvient qu'en 2008, une interview donnée à L'Express lui avait valu deux ans de prison supplémentaires : on comprendra donc son mutisme.

 

 

Comme le rappelle son avocat, Jean-Marc Rouillan est « le dernier des quatre membres d'Action Directe à être sorti de prison ». Pour les 6 prochaines années, Rouillan devra encore se soumettre à des contrôles réguliers, et indemniser les victimes des 80 attentats ou assassinats revendiqués par le groupe entre 79 et 87.

 

« Il continuera à travailler pour la maison d'édition Agone » a également souligné son avocat. Âgé de 59 ans, Rouillan est de toute façon contraint par la loi de travailler : « Je continue mes activités professionnelles et politiques » a lui-même assuré l'ancien détenu, qui a fait une apparition à l'inauguration d'un local du Nouveau Parti Anticapitaliste.

 

Les éditions Agone, basées à Marseille, ont par ailleurs publié 7 ouvrages de Jean-Marc Rouillan non pas « en défense de ses prises de positions politiques passées mais « pour leur importance dans un débat public digne de ce nom ». » La maison, adepte de l'autogestion et de l'égalité des salaires, revendique un héritage « des mouvements politiques d'émancipation opposés au système capitaliste ».