Libéré par la justice, Patrice Nganang est expulsé du Cameroun

Victor De Sepausy - 27.12.2017

Edition - Justice - Patrice Nganang Cameroun - Patrice Nganang expulsion - Patrice Nganang président


Interpellé le 6 décembre dernier, l’écrivain camerounais Patrice Nganang était accusé d’avoir menacé de mort le président du pays. Poursuivi pour outrage et menaces, les charges furent d’abord abandonnées avant de revenir bien différentes : faux, usage de faux, immigration clandestine et menaces de mort. Mais l’affaire vient de prendre fin...

 

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Patrice Nganang en 2010 (Georges Seguin, Okki, CC BY-SA 3.0)
 

 

Lors de son audience expresse, le 15 décembre, Patrice Nganang avait finalement appris quel était le véritable motif de son interpellation : outrages à corps constitués, menaces simples et apologie de la violence. Ayant plaidé non coupable, une nouvelle audience était prévue pour le 19 janvier. Il n’en sera rien : l’auteur a été relaxé et peu après expulsé du pays, explique son avocat. 

 

La décision suit la demande du tribunal de première instance, qui recommandait une relaxe, mais ce 27 décembre, le procureur a demandé tout à la fois l’abandon des poursuites ainsi que la libération de l’écrivain. Son expulsion s’est déroulée dans la foulée, avec un départ à destination des États-Unis.

 

Rappelons que l’accusation de faux et usage de faux provenait de ce qu’il disposait de deux passeports, l’un camerounais, l’autre américain. Pour justifier d’une procédure d’expulsion rapide, l’avocat s’est vu expliquer que son client, de nationalité américaine, se trouvait en situation irrégulière au Cameroun. 
 

Manque d'éléments pour la justice ?

 

La décision intervient alors que, le 22 décembre, une conférence de presse à la librairie des peuples noirs de Yaoundé avait apporté un plein soutien à l’écrivain. Me Agbor Balla, précédemment incarcéré – le Cameroun vit actuellement une crise anglophone forte – a choisi et assumé la défense de l’écrivain. 

 

« Je sais qu’il est remis en liberté parce que c’est politique. L’histoire le retiendra ainsi. Lorsque M. Nganang a été arrêté, il était poursuivi pour outrage au président de la République. L’infraction a été abandonnée. Le président Paul Biya a donc désavoué tous ces gens-là qui, par zèle, ont fait arrêter un écrivain », assurait l’avocat de Patrice Nganang au cours de la journée. 

 

Précédemment, l’avocat avait de toute manière dénoncé un procès « purement politique » et donc sans fondement en droit. 

 

Cameroun : le procès de Patrice Nganang aurait
“un caractère purement politique”

 

Selon les commentateurs sur place, le travail des avocats et les multiples soutiens reçus à travers le monde auraient contraint la justice camerounaise à abandonner les poursuites. En effet, cette dernière n’aurait pas disposé de suffisamment d’éléments pour intenter un véritable procès. 

 

Les juges eux-mêmes ne semblaient pas particulièrement pressés de lancer les procédures. Patrice Nganang risquait cinq années d’emprisonnement en cas de condamnation. Le tout pour la déclaration suivante, laissée sur sa page Facebook : « Mais faites-moi confiance, et je ne blague pas — je l’ai devant moi, lui Biya, et ai un fusil, je vais lui donner une balle exactement dans le front. Je le dis depuis Yaoundé, où je suis. Lui aussi. »

  


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