Liberté d'expression : plainte après la confiscation du livre d'un détenu

Clément Solym - 06.02.2009

Edition - Justice - prisonnier - écrire - roman


En juillet 2008, un détenu du nom de Victor Martin, actuellement incarcéré en Caroline du Sud, avait cru bon de passer le temps en écrivant un livre, s'était vu refuser le droit de le publier pour un prétexte simple : la loi interdit de faire de l'argent quand on est en prison.

Pour son éditeur, c'est l'impasse, voire l'aporie : comment aider un homme à se réhabiliter si l'on le prive de ce moyen d'expression ? Pour Victor, la réponse est évidente : « De la façon dont je le vois, c'est qu'ils préfèrent me garder à croupir ici. »

Mais l'American Civil Liberties Union, défenseur des libertés individuelles de l'État ne l'a pas entendu de cette oreille. L'association a déposé une plainte mardi pour violation de la liberté d'expression de Victor, suite à la confiscation d'un manuscrit d'une trentaine de pages que le prisonnier avait durant de nombreuses heures écrit.

En invoquant le premier amendement, l'organisme compte bien pouvoir contourner la loi et permettre à l'auteure non seulement de retrouver son manuscrit, mais encore de pouvoir poursuivre son activité. « J'ai décidé que le temps que je passerai en prison serait utilisé de manière positive et que je pourrais peut-être influencer positivement les jeunes lecteurs, en leur épargnant les choix qui m'ont fait mettre sous les verrous », explique-t-il.

Ses quatre livres racontent la vie urbaine et les guerres dans les centres villes.

Rappelons qu'en France, l'article L. 132-45 16° du Code pénal peut également permettre au juge, dans certains cas graves - récit de viols, de meurtre ou de tentatives - d'interdire également la parution d'un ouvrage dont l'auteur aurait été condamné.